Noire Amérique

L’Amérique n’a jamais été innocente. C’est au prix de notre pucelage que nous avons payé le passage, sans un regret sur ce que nous laissions derrière nous”

 James Ellroy, préface à American Tabloïd

 Il n’y a pas besoin d’avoir fait Sciences Po pour comprendre que l’Amérique a mal a le Bush, mais il est étonnant de constater à quel point les nouvelles que nous envoie ce pays depuis un an sont sombres : 

 Un tueur en série qui prend son plaisir en provoquant des accidents de voiture (Kurt Russell dans Boulevard de la mort de Quentin Tarantino), un flic russe qui adopte la même violence que la mafia qu’il infiltre à Londres (Viggo Mortensen dans Les promesses de l’ombre de David Cronenberg), deux frères prêts à commettre un meurtre pour gagner de l’argent (Ewan McGregor et Colin Farell dans Le rêve de Cassandre de Woody Allen), un directeur de discothèque un peu mafieux qui marche dans les pas de son père policier après la mort de celui-ci (Joaquin Phoenix dans La nuit nous appartient), un loser qui tente en vain d’échapper à un tueur en série dans les étendues désertes du Texas (Josh Brolin et Javier Bardem, qui prouve qu’une coiffure ridicule peut faire un excellent méchant dans No country for old men des Frères Coen), et un barbier vengeur prêt à égorger la moitié de Londres pour obtenir satisfaction (Jhonny Depp dans Sweeney Todd). 

 On n’avait pas assisté à un tel déchaînement depuis les années 70 (Scorsese, Coppola, Cimino, Spielberg, Lucas, Woody Allen) et le ras-le-bol des années Nixon, de la guerre du Vietnam et du Watergate. Il ne reste plus qu’à espérer que le cynisme de l’actuel gouvernement français donnera naissance à pareille révolution artistique dans notre pays.

 

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