Clint Eastwood : on prend toujours la place de quelqu’un

 “It’s a hell of a thing to kill a man. You take everything he’s got, and everything he’ll ever have.”

Clint Eastwood, Impitoyable (“C’est abominable de tuer quelqu’un, tu prends tout ce qu’il a, et tout ce qu’il aura jamais”).

 Clint Eastwood a depuis longtemps délaissé son poncho de cowboy, mais le réalisateur a conservé l’ambiguïté des rôles que lui donnait Sergio Leone dans ses westerns spaghettis, pour devenir, au même titre qu’Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick ou Claude Chabrol, l’un des grands cinéastes contemporains de l’inquiétude.

 – les conséquences de la mort d’un proche : La plupart des films de Clint Eastwood analysent la manière dont des individus réagissent à la violence dont ont été victimes leurs proches. Cette interrogation traverse tous ses westerns (Josey Wales a perdu sa famille, le héros d‘Impitoyable défend une prostituée défigurée par deux de ses clients), ses films noirs (dans Mystic River, Sean Penn se fait justice sur celui qu’il prend pour le meurtrier de sa fille) et ses drames (dans Million dollar baby, l’entraîneur de boxe Clint Eastwood se retire de la course après la mort de son poulain interprété par Hillary Swank). 

 – les conséquences des incertitudes du coeur : En cinéaste moraliste au même titre que Stanley Kubrick, Clint Eastwood représente l’adultère comme un danger. Son premier film en tant que réalisateur, Un frisson dans la nuit (1971), place son personnage, un animateur de radio, dans les griffes d’une admiratrice psychopathe. Sur la route de Madison (1995) raconte l’histoire d’une femme interprétée par Meryl Streep, qui reste avec son mari agriculteur et leurs enfants plutôt que de partir avec l’homme qu’elle aime (interprété par qui ?), photographe au National Geographic. 

 “Old dreams are good dreams”, “les vieux rêves sont de beaux rêves”, dit le photographe de Sur la route de Madison à la femme qu’il aime, et qui craint d’avoir renoncé à ses rêves de jeunesse. L’imaginaire plus fort que les rêves, n’est-ce pas la quintessence du rôle du cinéma ?

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