Piranha 3D d’Alexandre Aja : je te mordrai (virtuellement) les fesses

Piranha 3D

La recette est connue : stimuler le désir du mâle spectateur par des images de jeunes femmes lascives et soumises avant de punir les pêcheurs dans d’horribles souffrances. Piranha 3D d’Alexandre Aja n’aurait fait qu’un film d’horreur pour adolescent de plus s’il n’avait joint à sa mise en scène une ironie mordante sur notre société de frustration basée sur la proximité virtuelle de tout et l’accessibilité réelle de peu.

Spielberg a inventé la peur des océans et ruiné la saison touristique américaine de l’été 1975 avec Les dents de la mer, Aja ressort les piranhas de Joe Dante et James Cameron lors de la semaine de débauche hédoniste des campus américains, le Spring break, littéralement la pause du Printemps, prétexte à des beuveries et toutes sortes d’initiations avant de rentrer sagement dans le rang. Le fils de la commissaire est embauché par un réalisateur de films pornos pour faire des repérages alors qu’il devrait garder ses frères et soeur, une espèce de piranhas ultra-dangereuse attrape les jambes et les bras des jeunes gens d’une ville du Nevada gonflés à bloc. Le jeu de massacre peut commencer.

L’usage intelligent de la 3D transforme le spectateur en poisson rapace heureux de boulotter les plus stupides créatures du film (jusqu’au réalisateur libidineux dont le dernier mot est “T-shirt mouillé”) comme des sushis ou d’assister comme si l’on y était au ballet de deux sirènes exhibitionnistes. Les personnages sont un peu sacrifiés au picnic, mais qu’importe puisque c’est bien de devenir piranha qu’il s’agit : l’humanité qui détruit son environnement, comme le Lac Victoria du film, rira bien qui rira la dernière.

Piranha 3D – Trailer / Bande-annonce #2 HQ [VO]

envoyé par Sawyer17. – Court métrage, documentaire et bande annonce.

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