Gainsbourg, (vie héroïque) : Vagin mon amour

Gainsbourg - (vie héroïque)

Allez lire ailleurs qu’Eric Elmosnino, par ailleurs excellent comédien ici comme pour Chabrol ou Mia Hansen-Love, ressemble à Gainsbourg, c’est un problème de la télévision, pas du cinéma. Laetitia Casta et Anna Mouglalis ne sont pas Brigitte Bardot ou Juliette Gréco, mais elles sont les meilleures interprètes à notre époque, respectivement, de l’insolence de la première, de l’élégance de la seconde, et de la liberté des deux.

Voici un film étrange qui flirte avec la structure infernale du biopic (misère, succès, rédemption) tout en se hissant au-dessus du genre par l’inventivité du cinéaste auteur de bandes-dessinées Joann Sfar, qui donne sa plume au peintre râté qu’était Gainsbourg, convoque l’excellent David Marti, auteur des effets spéciaux et maquillages des grands films de Guillermo del Toro (L’échine du diable Hellboy, Le labyrinthe de pan, etc.) pour dessiner le double du chanteur (interprété par le Faune du Labyrinthe, Doug Jones), et transforme finalement la vie d’un des plus grands compositeurs du XXe siècle (“je serai entre Schumann et Stravinsky” disait l’immodeste) en une suite de séductions flamboyantes et tristes.

Le conte de Joann Sfar intéresse finalement en se focalisant sur l’obsession érotomane de Serge Gainsbourg, l’homme qui a force d’écrire pour les femmes (et les hommes du troisième sexe) s’est féminisé jusqu’à rejeter sa douceur pour se composer son personnage de cynique un peu répugnant de la fin de sa vie, dont le cinéaste ne semble pas trop savoir quoi faire. L’homme qui a transformé La Marseillaise en une chanson d’amour reggae, son plus grand geste politique, avait compris que seule la féminité de l’homme sauverait l’humanité.

1 thought on “Gainsbourg, (vie héroïque) : Vagin mon amour

  1. Un des plus grands compositeurs du XX° siècle…

    C’est un gag ?

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