Etat des lieux du court à Pantin (4) : comment se libérer du poids des absents ?

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Chris Marker notait en 1982 dans Sans soleil, un portrait de ce qu’il appelait les “deux pôles extrêmes de la survie”, le Japon et la Guinée-Bissau, que l’occident souffrait d’une incapacité à oublier. Quatre films du programme de Côté court à Pantin explorent le poids des absents et la quête de délivrance des vivants.

Le film expérimental chilien Brises (photo) d’Enrique Ramirez filme en plan-séquence le parcours d’un homme qui marche au petit matin dans les rues de Santiago du Chili, traverse la Maison du Gouvernement chilien, qui a été détruite après l’assassinat de Salvador Allende par les troupes de Pinochet soutenues par la CIA, puis reconstruite. Ce voyage dans la mémoire d’un passé fuyant, que certains aimeraient enfouir dans les oubliettes de l’histoire, est une belle méditation sur l’importance de l’honneur dû aux morts et son nécessaire corollaire, l’oubli.

Valérie n’est plus ici de Pascal Cervo évoquera des souvenirs émus à tous ceux qui ont été confrontés dans le monde de la culture (ou autre) à des personnalités hystériques et anthropophages qui pressent leurs collaborateurs avant de tirer seuls la couverture à soi pour le travail qu’ils ont accompli. On y suit une galeriste d’art odieuse avec son entourage et en particulier son assistante souffre-douleur bien entendu incapable d’être à la hauteur de l’absente, “Valérie”, mais quand même bien utile pour servir de paillasson.

Toutes les montagnes se ressemblent de Christelle Lheureux et Sébastien Betbeder est une belle oeuvre poétique sur le poids de nos morts, en l’occurrence celui d’un frère pour un jeune homme amoureux de la belle Clémentine Poidatz (révélée par Les amants réguliers de Garrel). Il offre notamment le magnifique plan du fantôme du disparu avançant dans la nuit au flambeau.

La dérive de Philippe Terrier-Hermann commence très plastiquement comme un film bavard des vedettes du nouveau roman (Robbe-Grillet, Duras) puis entraîne ses deux bourgeois parisiens censés réviser leur droit à la suite de deux clochards célestes qui descendent la Loire en radeau. Le film offre de superbes plans sur un monde qui semble déserté, jusqu’aux derniers plans du film sur la Seine à Paris, au petit jour, dans une ambiance de fin du monde.

Le programme 4 sera de nouveau diffusé le jeudi 18 juin à 18 heures. Les films primés par le festival seront diffusés samedi et dimanche à 18 heures et 20 heures.

Festival Côté court de Pantin, du 10 au 20 juin 2009, www.cotecourt.org, Ciné 104, 104 avenue Jean Lolive 93 500 Pantin, 01 48 46 95 08

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