Etat des lieux du court à Pantin (1) : solitude, prélude à l’insoumission ou à la quête de l’autre

http://mwave.irq.hu/kepek/filmek/2305/lesvoeux.jpgLa 18e édition du festival de Pantin, outre son hommage au cinéma d’avant-garde new-yorkais (Jonas Mekas, Andy Warhol), comporte une compétition qui donne à voir les préoccupations du jeune cinéma contemporain. Le second programme, qui réunit trois films de jeunes mères et un jeune homme s’excusant de ne pas avoir d’enfant, offre un beau panorama d’invitations à sortir de la solitude.

Le très rohmérien La fenêtre d’Anne-Sophie Rouvillois filme le rapprochement de deux âmes seules, une jeune femme concentrée par l’écriture de son mémoire, et un jeune peintre débordé par les sollicitations.

Cendres de Paul Costes, d’après Olivier Adam, suit l’errance d’un chauffeur de taxi (Bernard Blancan) autour du périphérique parisien. Sa brève rencontre avec une musicienne de jazz japonaise (Naoko Horikawa) croise le deuil de deux paumés enfermés dans la toile d’une ville anthropophage.

Le feu, le sang, les étoiles de Caroline Deruas est attachant et agaçant comme un film de Philippe Garrel, en plus radical. La colère et le narcissisme de la jeunesse dorée du Quartier Latin envers le pouvoir de Nicolas Sarkozy seraient vains s’ils n’étaient soulevés par la grâce d’un échange entre Maurice Garrel et sa petite-fille, souvenirs d’une époque où une génération s’est battue contre les mangeurs d’espoir qu’elle voit revenir à toute allure et en pleine confiance. Mais le doigt du vieil homme montre la lune, et la petite fille regarde bien le ciel, à l’encontre des souffrances “wertheriennes” des derniers héros de Philippe Garrel.

Les voeux de Lucie Borleteau, avec son air de Peau d’âne, prouve que Jacques Demy est la chasse gardée des cinéastes nantais ou de l’ouest (la cinéaste ayant fait ses études à Ciné-sup à Nantes), après Christophe Honoré qui est le principal héritier contemporain du maître du film “en-chanté”. Ce film féérique en costume est le manifeste d’un panthéisme rare dans le cinéma moderne, à l’exception de Lady Chatterley de Pascale Ferran, auquel la jeune cinéaste emprunte l’homme des bois, Jean-Louis Coulloc’h reconverti ici en diable. La sensualité des images et l’originalité de l’univers témoignent de la forte personnalité d’une cinéaste à suivre.

Le programme 2 de la compétition sera de nouveau diffusé le lundi 15 juin à 18 heures et le jeudi 18 juin à 22 heures.
Festival Côté court de Pantin, du 10 au 20 juin 2009, www.cotecourt.org, Ciné 104, 104 avenue Jean Lolive 93 500 Pantin, 01 48 46 95 08

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