Les beaux gosses: Traité de survie à l’âge du pire

 Alice Tremolières, Vincent Lacoste, Riad Sattouf dans Les Beaux gosses (Photo)L’adolescence est sans doute l’âge égalitaire pour les garçons qui ont la chance de partager en cette période, pour la plupart, un pull moche, une coupe mulet, un appareil dentaire et une acné explosives. Les beaux gosses de Riad Sattouf facilitera la réminiscence des souvenirs les plus délicats de ceux qui ont passé le cap, et émouvra sans doute ceux qui ont la chance d’entrer de manière éruptive (comme dirait Montaigne, par tous les orifices) dans l’âge bête.

Nos collégiens vedettes, Hervé et son ami Kamel, se demandent comment passer aux choses sérieuses avec les demoiselles de leur collège rennais. Après quelques rateaux, le premier a la chance d’attirer la belle Aurore qui sait heureusement prendre les devants, sans quoi il est difficile de savoir ce qu’aurait pu devenir notre grand dadet écrasé par une mère castratrice (l’étonnante Noémie Lvovsky dont le talent comique est évident dans des rôles qui ne se limitent pas à l’hystérie).

Le talent de l’auteur de l’auteur de bande-dessinée consiste à créer un fil sentimental entre toutes les scénettes qui pourraient être autant de court-métrages. Le vilain petit canard apprend à devenir désirable, car Riad Sattouf semble conseiller aux laids de ne pas trop aller contre leur nature, à l’autiste de faire du théâtre, l’efféminé d’accepter qu’il aime les garçons, le métalleux de passer au post-punk et à tous nos jeunes héros d’accepter d’être des passagers du XXIe siècle.

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