Antichrist : Lars von Trier est-il le plus grand cinéaste du monde ?

 Charlotte Gainsbourg, Willem Dafoe, Lars von Trier dans Antichrist (Photo) Parmi les quatre grands cinéastes internationaux révélés dans les années 80 et toujours en activité, il est facile de reconnaître les héritiers d’Emir Kusturica chaque fois qu’une fanfare tsigane se profile à l’horizon, les héritiers de David Lynch dès que le bizarre (nain, insectes, schizophrénie, etc.) s’empare de l’écran, les héritiers de Pedro Almodovar amateurs de couleurs vives et d’amours saphiques, mais il est bien difficile, à part peut-être dans les galeries d’art, de trouver des héritiers du Danois Lars von Trier.

L’homme qui prend un malin plaisir à se faire haïr a une fois de plus réussi son coup avec son éprouvant Antichrist, justement récompensé du Prix d’interprétation féminine pour Charlotte Gainsbourg. Pendant la conférence de presse, il est apparu fébrile, apparemment en raison d’une sévère dépression qu’il se traîne depuis trois ans, mais qui ne l’a pas empêché d’affirmer qu’il était le plus grand cinéaste vivant.

Si les grands cinéastes sont ceux qui participent le plus au renouvellement de l’imaginaire de leur époque, nul doute que Lars von Trier est un très grand, avec ces images si violentes et si fortes de l’amour passion et du sacrifice d’une femme prête à tout pour sauver son homme à une époque dite individualiste (Breaking the waves), d’une femme ayant perdu, déjà à l’époque, son bébé, et qui cherche son idiot intérieur pour oublier sa peine (Les idiots), de Nicole Kidman martyrisée par un village dont elle allait devenir le bourreau (Dogville), ou ici d’une Charlotte Gainsbourg extraordinaire, qui après avoir perdu son enfant fera tout pour ne pas perdre son homme. Une image injuste certes, mais juste une image.

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