Mad Max Fury Road de George Miller : la barbarie durera toujours

La série Mad Max n’a inventé ni le genre post-apocalyptique, ni le film de poursuite de voiture, mais l’idée selon laquelle la barbarie avait hélas de vilains jours devant elle dans un monde trop imparfait pour contenir toutes les pulsions de l’homme, désir de violence (Mad Max), de pétrole (Mad Max 2) ou simplement d’eau et de lait dans le dernier opus consacré au retour de la soif dans le monde d’après la grande catastrophe (nucléaire, pollution des sols, guerre apocalyptique…).

George Miller a story-boardé les 3 500 plans du film avant de lâcher les chevaux des bolides dans le désert de Namibie, dans lequel la Furiosa du titre, Charlize Theron en coupe garçonne, tente de sauver les amazones pondeuses de la barbarie du chef de tribu Immortan Joe. Le célèbre Max, ici Tom Hardy en taiseux prisonnier des demi-vivants, croise la route de la belle qui lui administre une bonne raclée afin de placer la lutte à hauteur de la délicatesse des relations entre hommes et femmes à présent que les Dames rendent tous les coups.

Le génial cinéaste australien s’amuse comme un fou avec sa bande de demi-vivants imbéciles qui suivent leur chef comme des moutons en rêvant d’atteindre le Valhalla où les attend un “McFestin” ! En admirateur de Buster Keaton, il s’amuse à filmer Tom Hardy tentant maladroitement de limer la serrure de son casque de fer durant de nombreuses minutes alors que le monde s’embrase autour de lui. Il excelle dans la représentation du fracas des armes et des bolides avec d’extraordinaires perchistes qui volent entre les véhicules.

L’issue du film (trouver une improbable rédemption et une terre arable) compte moins ici que le festival pyrotechnique couleur sang et la lutte entre Max et Furiosa pour s’apprivoiser en se mordant à pleines dents avant de s’allier contre le mal. “Malheur aux peuples qui ont besoin de héros” écrivait Bertolt Brecht qui aurait mieux fait de balayer devant sa porte et de festoyer un peu moins dans le Berlin de la fin des années 20 pour se soulever contre les barbaries à venir. Aucune fiction ne contient la barbarie, mais elle peut lui survivre, tel Achille qui a fait le choix de quitter son village pour inscrire son nom dans la mythologie d’Homère (“Deux sorts peuvent me conduire au terme de mes jours. Si je reste à me battre ici devant les murs de Troie, c’en est fait du retour, mais j’y gagne un renom sans borne.”,Witness me”, “retiens mon nom” murmure le demi-vivant racheté avant de se sacrifier pour la troupe de Furiosa) qui parle d’une guerre dont la réalité est sujette à controverse.

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