Imitation Game avec Benedict Cumberbatch : éloge des autistes

Pour le plus grand comédien britannique vivant bien sûr, Benedict Cumberbatch, et pour l’histoire de cet autiste Asperger hors du commun qui décrypta le fameux code Enigma utilisé par l’armée allemande pour communiquer avec ses sous-marins.

Marcel Proust s’associait à la communauté des nerveux, “le sel de la terre”, et le génial mathématicien Alan Turing mériterait d’y ajouter les autistes, obligés d’imiter le jeu social des autres à défaut de pouvoir exprimer leurs sentiments comme leurs semblables. C’est aussi le titre du film, Imitation game (le “jeu de l’imitation”), qui évoque le fonctionnement du cerveau de façon purement logique des autistes, ce qui en fait parfois de remarquables scientifiques ou artistes.

Les ressorts dramatiques lourdingues du scénario diminuent la portée du récit de cet homme impertinent et libre, condamné après-guerre pour homosexualité et à la castration chimique qui allait mener à son suicide. Le cinéaste sauve uniquement la révélation qui mène au décryptage du code allemand, par le repérage réel ou fictif de récurrences dans les codes liés aux langages les plus proches du babil amoureux (le prénom de l’aimée) et de la bêtise des foules (“Heil Hitler”).

Pour Benedict Cumberbatch donc, bégayant, osseux et maladroit, plus attaché à sa machine qu’au commerce des hommes. C’est tout l’échec du film de ne pas tirer parti de cet immense comédien pour dessiner le chemin accompli par un autiste vers les autres, hommes et femmes, objets de désir ou non, prêts à se transformer en machines pour être considérés juste comme des humains.

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