Claudette Colbert dans La baronne de minuit : le destin des actrices françaises à Hollywood

La Baronne de minuit

La sortie à l’Action Christine de La baronne de Minuit (1939) de Mitchell Leisen, sur un scénario de Charles Brackett et Billy Wilder, est l’occasion de redécouvrir l’unique comédienne française à avoir véritablement fait carrière à Hollywood, à jeu égal avec les stars américaines de l’époque : Claudette Colbert (1903-1996).

Cette comédie de moeurs dont la construction et l’intelligence rappellent les meilleures comédies de Billy Wilder (La garçonnière, Certains l’aiment chaud, etc.) est un ballet amoureux entre une arriviste ruinée qui débarque à Paris sans argent (Claudette Colbert), un chauffeur de taxi amoureux de la belle (Don Ameche), et un millionnaire qui paie cette Cendrillon d’un soir pour récupérer sa femme tombée dans les bras d’un Dom Juan de pacotille.

La baronne de minuit offre aussi l’occasion de s’intéresser à un personnage à part entière du cinéma hollywoodien, la Française, qui de Miriam Hopkins dans Sérénade à trois (1933) à Audrey Tautou dans le Da Vinci code (2006), et en attendant Marion Cotillard, a insufflé un je-ne-sais-quoi de fantaisie dans les jeux de l’amour. Claudette Colbert a elle-même donné ses charmes au fantasme de la Française, notamment dans La huitième femme de barbe-bleue de Lubitsch, où elle rendait fou un autre Dom Juan interprété par Gary Cooper, et New-York Miami de Capra, où elle séduisait Clark Gable.

Le film de Mitchell Leisen est d’autant plus contemporain qu’il brode autour de la question existentielle du couple moderne : comment récupérer l’être aimé dont l’âme vagabonde ? Et la malice de Claudette Colbert est l’occasion de se dire que les Françaises qui ont fait leur route à Hollywood sont celles qui ont imposé l’idée selon laquelle en amour, la folie ne se guérit que par l’invention d’un nouveau jeu.

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