Inside Llewyn Davis de mes frères Coen : l’artiste enclos dans son symptôme autiste

Joel et Ethan Coen sont deux artistes affublés d’un symptôme autiste qui filment des désaxés moins chanceux qu’eux jusqu’à ce chanteur compositeur de folk dépressif du Village de New York, Llewyn Davis, qui leur valut un Grand Prix à Cannes cette année.

Le minable qui donne son titre au film traîne sa misère de café-concert en canapé d’amis ou d’amantes (Carey Mulligan) trop amoureuses de cet éternel adolescent pour le jeter dehors. Le chanteur s’enferme dans sa paranoïa et son mépris pour les autres qui lui vaut une raclée bien méritée. La mélancolie du Village des années 60 est éclairée par le maître contemporain du genre, Bruno Delbonnel (Amélie Poulain, Un long dimanche de fiançailles), au risque de la nostalgie pour le New York d’avant les yuppies.

Joel et Ethan Coen s’attachent à un artiste condamné par sa noirceur et sa radicalité à vivre éloigné du public, et à renforcer son symptôme autiste en se privant d’une audience qui restaurerait un lien social susceptible de “corriger le symptôme autiste de son inconscient” (Colette Soler). Jusqu’à ce qu’arrive, coup de génie des cinéastes, un jeune mec dont la mélancolie est atténuée par un harmonica et une tête d’enfant de choeur et de beatnik (New York times, 1961), et puis comme disent les Français, les jeux sont faits, rien ne va plus.

INSIDE LLEWYN DAVIS – Bande annonce – VOST par studiocanal

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