Hiam Abbass s’impose de film en film comme la comédienne la plus importante de la décennie 2000, c’est-à-dire celle que les historiens commenceront au 11 septembre 2001, pour avoir exposé au monde la dignité de la femme palestinienne, en interprétant la lutte contre l’indifférence (Munich de Steven Spielberg), contre les préjugés des hommes à l’égard des femmes et la bureaucratie israélienne (La fiancée syrienne et Les citronniers d’Eran Riklis), et aujourd’hui la peur des Musulmans dans les pays occidentaux (The visitor).
The visitor narre la rencontre entre un professeur américain râté et une famille de jeunes immigrés clandestins qui squatte son appartement new-yorkais jusqu’à ce que le jeune homme, d’origine syrienne, soit arrêté par la police. Le professeur entame des démarches pour obtenir sa régularisation en compagnie de la mère du jeune homme, interprétée par Hiam Abbass.
La tendresse du film de Tom McCarthy a le bon sens de rappeler que l’humanisme est existentiel et qu’il n’est pas interdit de s’émouvoir à écouter l’histoire de ce Bartleby moderne retrouver goût à la vie en faisant du Djembé et en rêvant des senteurs de l’orient. Dans Lawrence d’Arabie, le roi Fayçal se moque du jeune Lawrence auquel il reproche de n’être qu’un de ces Anglais tombés amoureux du désert. Le professeur n’aura finalement pas changé grand chose, mais il manifeste peut-être en s’énervant sur son djembé dans le métro ce grand changement que le monde semble attendre de l’Amérique.