La tendresse de Vincent Cassel (sous des airs de dur)

David Cronenberg est à ma connaissance, dans son dernier film actuellement sur les écrans Les promesses de l’ombre, le second cinéaste à filmer la tendresse de Vincent Cassel, après Jacques Audiard dans Sur mes lèvres. Bien sûr, le comédien a une nouvelle fois droit à un rôle de dur apparemment sans pitié, mais il nous offre dans la dernière scène du film, lorsqu’il s’effondre en larme en tenant dans ses bras un bébé qu’il est censé tuer, un moment de rare émotion, durant lequel il vole même à mon sens la vedette à Viggo Mortensen et Naomi Watts.

Déjà dans Sur mes lèvres, Jacques Audiard confiait à Vincent Cassel le rôle d’un ex-taulard qui tombait progressivement amoureux de la femme qui l’aide à se réinsérer, Emmanuelle Devos, à mesure qu’ils montaient un coup ensemble visant à dérober le magot d’une bande de truands (dont Olivier Gourmet, immense comédien belge dont je dirai dans ces lignes toute mon admiration). C’était la première fois que Vincent Cassel nuançait les rôles de dur qui lui collaient à la peau depuis La Haine de Matthieu Kassowitz, qui lui assura une consécration internationale. Mais ses rôles suivants dans Les rivières pourpres, le pacte des loups, Dobermann, Irréversible (film passionnant) le cantonnaient souvent dans des rôles de dur.

 Il n’est pas suprenant que David Cronenberg, génial réalisateur canadien adepte de physiques hors du commun, ait recourru au comédien français pour jouer dans Les promesses de l’ombre, un mafieux russe exilé à Londres, impitoyable et dégénéré, adepte de prostituées et, comme nous le fait comprendre le cinéaste de plusieurs manières, de l’amour entre hommes, même refoulé. Le cinéaste s’amuse même à lui faire déclamer un hommage au vin français, mais il lui offre surtout une scène d’anthologie dans ces pleurs au bord de la Tamise, au bout du monde, un bébé à bout de bras, porteur de tous les possibles.

 

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