Festival Côté Court (5) : Franck Vialle et la chambre d’enfance des adultes

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Il est tout de même curieux qu’au cinéma, où nous assistons chaque année, et plusieurs fois par an, à l’extermination complète de l’humanité, et à toutes les expérimentations pour tuer un individu, les mots de “queue, chatte et bitte” fassent encore frémir les censeurs.

Franck Vialle, producteur (d’une société qui porte l’un des noms les plus admirables, Le deuxième souffle, titre de l’un des plus beaux films du monde), scénariste, réalisateur et comédien, a décidé d’appeler un chat un chat et une chatte une chatte dans Dreamtimacy, où un couple de classes moyennes de Charente-Maritime régresse à mesure que leur enfant grandit. La mise en scène rappelle les films de Bruno Podalydès par la manière de faire surgir l’étrangeté du quotidien le plus banal, en l’occurrence dans l’agence de location de véhicules dirigée par le héros réalisateur-interprète, où un salarié maghrébin parle mieux chinois que son collègue d’origine chinoise, où la loi de l’emmerdement maximal pourrit la vie du héros (accident de voiture d’un client protégé par sa carte bancaire de champion, collègue absente pour maladie de son gosse, application de la nouvelle méthode de performance en louant le véhicule avec le quart du plein, ce qui rend fou les clients, etc.).

Mais c’est surtout dans la sphère du couple de parents que se joue l’originalité du film, dans la chambre chaude des adultes qui ne jouent plus à frotti-frotta comme si souvent dans le jeune cinéma, mais qui s’y caressent et s’y piquent en dressant le menu de toutes les gâteries qu’ils s’apprêtent à s’offrir. Nous regrettons que le cinéaste ait fait le choix de la morale (la maladie qui oblige les personnages à un brusque retour à la réalité) plutôt que d’aller au bout du retour en enfance, mais les images de ces adultes accrochés au droit à la déraison font un bien fou qui nous rappelle à quel point nous aimons ce film, à quel point nous vivons le cinéma.

Les films primés dans le cadre du Festival Côté Court de Pantin seront projetés le dimanche 26 à 16 heures et 18 heures au Ciné 104

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