La ballade de l’impossible de Tran Anh Hung : ton amour, ma souffrance

Le très beau film japonais de Tran Anh Hung pose toute une série de questions fondamentales sur le couple comme on aimerait en voir plus souvent avec son jeune étudiant des années 70, Watanabe, qui tente de secourir la pauvre Naoko dont le compagnon et ami d’enfance s’est suicidé. Le jeune homme découvre qu’on ne peut pas faire grand chose avec une dépressive qui s’enfonce peu à peu dans ses angoisses, mais le jeune homme décide de prendre ses responsabilités par amour pour la jeune femme en passant du temps auprès d’elle. Il se rapproche peu à peu de la belle Midori (photo), qui s’agace de ce qu’il ne veuille pas lui faire l’amour.

L’adaptation cinématographique du roman d’Haruki Murakami s’empare du décor très cinégénique du cirque bavard et utopiste des révoltes de la fin des années 60 pour décrire des personnages à rebours de l’histoire, hésitant entre la formidable indépendance permise par l’époque et la peur de prendre ses responsabilités en s’engageant dans une histoire : comment choisit-on la personne avec laquelle on vit ? Comment s’ouvre et se clot le ballet de la séduction ? Pourquoi laisse-t-on des portes ouvertes à une histoire ? La ballade de l’impossible prend le temps de décrire la manière dont les sentiments se mêlent à la souffrance dans le couple pour passer les épreuves de la vie.

Le cinéaste français d’origine vietnamienne a gardé de son premier film L’odeur de la papaye verte le goût pour les couleurs vives, tel ce pré dans lequel la jeune femme raconte au bord de la folie, en long travelling, pourquoi elle n’a jamais réussi à faire l’amour à son premier amant qu’elle consolait en aimant avec sa bouche et ses mains. Tran Anh Hung réserve à Watanabe la plus belle collection de chemises psychédéliques qu’on ait vu au cinéma depuis les films des années 60, et une magnifique collection de robes aux belles jeunes femmes qui tentent de trouver leur place dans ce monde dominé par les hommes en moquant leur inconstance, leurs masturbations et leur faiblesses pour une jolie bouche entrouverte. A voir la belle Midori raconter en un rire séducteur quel fut son désarroi d’avoir ses règles alors qu’elle s’apprêtait à avoir des relations avec son ami, et la mine déconfite de Watanabe, on se demande plus que jamais qui est le sexe faible.


LA BALLADE DE L'IMPOSSIBLE : BANDE-ANNONCE VOST… par baryla

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