La solitude des nombres premiers de Saverio Costanza : ta souffrance, mon amour

Beaucoup de bruit sans doute, mais porté par certains des plus grands acteurs du cinéma italien contemporain, avec en tête Alba Rohrwacher qui squatte les meilleurs rôles de ces dernières années, et Arianna Nastro (photo) qui interprète le même personnage à l’adolescence. Saverio Costanzo adapte une histoire pleine de bruit et de fureur, La solitude des nombres premiers, ou deux paumés bourrés de cicatrice qui passent plus de trente ans à passer à côté l’un de l’autre.

Les deux pauvres petits en prennent plein la gueule, lui autiste léger frère jumeau d’une autiste lourde qu’il abandonne au parc, avant de passer sa vie à subir le poids de la culpabilité de son acte, elle poussée à la perfection par un père autoritaire et accidentée durant les sports d’hiver. Leur destin se complique à l’adolescence lorsqu’ils deviennent les souffres-douleur des autres, notamment la jeune fille obligée de manger un morceau de sucre traîné par terre : “mangia-la” lui intime sa collègue de classe, rappelant le passage le plus éprouvant du passage italien et peut-être du cinéma tout court : “mangia la merda dell commandante”, “mange la merde du commandant”, Salo de Pasolini.

Saverio Costanzo explore le masochisme d’une époque d’abondance et le devenir autiste de l’humanité. Il force sur la bande-son comme ses compères du cinéma cosmogonique américain (Paul Thomas Anderson, Darren Aronofsky, Terence Malick comme le laisse prévoir la bande-annonce de son tree of life dont il faut bien dire qu’elle ressemble à une publicité pour les assurances), mais il a le sens du cadre, des regards fuyants et de la chute.


La Solitude des nombres premiers – bande-annonce par lepacte-distribution

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