Animal kingdom de David Michôd : la trouille des truands

Les polars qui modifient le regard sur le monde de la pègre sont suffisamment rares pour ne pas manquer cette noirceur australienne d’Animal kingdom, où des beaufs blancs en leur royaume se serrent les coudes autour de l’effrayante figure maternelle qui vampirise ses enfants qu’elle élève comme des chiens de combat.

Le pauvre Josh est récupéré par sa grand-mère, la mante religieuse du film, après la mort de sa mère sous overdose, qui croyait échapper au milieu. Mais sous couvert d’un thème archiconnu depuis Le parrain, tu marcheras sur les pas de tes parents, David Michôd révèle un nouvel aspect de la vie des truands du monde moderne, la peur permanente et la paranoïa qui en découle, la peur de l’erreur qui entraînera la chute, de la perquisition, de la trahison d’un proche, du policier zélé qui déciderait d’accélérer l’affaire de manière brutale…

Cette géographie de la trouille est de toutes les scènes, des regards apeurés des bêtes traquées filmées en Cinémascope à la musique omniprésente et aux ralentis qui éternisent les plans angoissants. Elle pousse les frères de l’a famille à la précipitation (s’emparer d’une arme et tirer sur les policiers), à la violence paranoïaque (s’en prendre à la petite amie du plus jeune frère par peur qu’elle parle à la police) et tout ce petit monde, comme dans une tragédie grecque, à la catastrophe. Nous tairons la fin de ce voyage au bout de la nuit et de la colère pour mieux savourer, les soirs de boisson, avec les frères de film, le plaisir d’avoir été plusieurs à avoir planté sa tente à cet endroit.


ANIMAL KINGDOM : BANDE-ANNONCE VOST par baryla

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *