La proie d’Eric Valette : Albert Dupontel, mon frère, mon fils, ma bataille

 Moi aussi je peux sauver un enfant en montagne et prendre un pseudonyme ridicule, alors vous comprendrez aisément pourquoi vous ne lirez jamais de critique négative d’Albert Dupontel dans ce blog, un peu comme dans les journaux dont les auteurs écrivent des articles dithyrambiques sur les livres écrits par leurs collègues. En plus, les familles bretonnes, réelles ou supposées, ont toutes un grand oncle druide capable des pires anathèmes si l’on s’attaque à un membre du clan, alors un trouillard comme votre serviteur n’osera jamais s’attaquer aux rites du pays saveno-vannetais (pour ceux qui débarquent dans le blog, les villes d’origine d’Albert Dupontel et moi-même).

Albert Dupontel donc joue un surhomme évadé de prison à la poursuite d’un prédateur sexuel qui en veut à sa fille pour Eric Valette, dont nous admirons beaucoup son avant-dernier polar gauchiste à l’italienne avec Rachida Brakni, Une affaire d’Etat. Le tout est tourné avec une admiration évidente pour Sergio Leone, une autodérision rassurante dans un cinéma français qui se prend beaucoup au sérieux, des dialogues un peu bis (“écrivez-moi un rapport sur l’intuition féminine”), mais un casting impressionnant derrière la star masculine, avec notamment l’excellente comédienne Alice Taglioni, qui campe une flic de la Brigade des fugitifs, féminine et intrépide. La Proie

Alors que les polars français ont pour la plupart un arrière-goût de téléfilm insipide (nous ne donnerons pas de noms, mais le qualificatif s’applique à la plupart de ceux qui se cachent derrière le nouveau polar, à l’exception de Nicolas Boukhrief), Eric Valette s’amuse avec les références cinéphiles d’Il était une fois dans l’ouest (le visage de Dupontel apparaissant à la fenêtre d’un train en marche) au Silence des Agneaux (son évasion grand-guignol). Quand tu as une caméra, mon frère, et que tu as la chance d’avoir ce grand comédien burlesque d’Albert Dupontel et Alice Taglioni en femme fatale dans le cadre, tu tiens ta caméra comme Eric Valette, et tu laisses agir la magie, le mystère et la magie.

LA PROIE : BANDE-ANNONCE Albert Dupontel, Alice… par baryla

One thought on “La proie d’Eric Valette : Albert Dupontel, mon frère, mon fils, ma bataille

  1. Je l’ai justement vu hier, et je suis plutôt d’accord avec toi Mathieu ! Il a de la gueule le Dupontel, et Valette la filme bien.

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