Essential Killing de Skolimowski : Rambo VI, le musulman

Quoi ma Gallo ? Qu’est-ce qu’elle a ma Gallo ? Quelque chose qui ne va pas ? Elle ne te revient pas ? Alors justement le Vincent Gallo, ou plutôt sa gueule parce qu’il ne dit pas un mot du film, se retrouve paumé comme un taliban afghan en Pologne après avoir explosé trois GI au lance-roquette.

Il est torturé par l’armée américaine, puis s’échappe lors de l’accident du camion qui le transporte sur des routes enneigées. L’homme s’enfonce dans la forêt où il applique ses techniques de survie dans des scènes dignes de Jeremiah Johnson : se nourrir d’écorce et de fourmis, s’emmitoufler dans la paille, détourner ses chasseurs en mettant sa chaussette au cou d’un chien sauvage, etc.

Le cinéaste Jerzy Skolimowski s’est inspiré des histoires relatives à la présence de prisonniers islamistes des américains sur le sol polonais après l’invasion de l’Irak pour développer son histoire. Il excelle dans les scènes qui retournent l’un des plus grands mythes du cinéma américain au XXe siècle, celui de John Rambo, l’ancien GI rejeté par les siens lors de son retour au village. Ici, le héros tue des GI et leurs mercenaires pour sa survie au revolver, au couteau et à la tronçonneuse. La caméra alterne les gros plans sur un visage traqué et les plans d’ensemble sur les immenses forêts de pin figés par la lumière d’hiver.

Skolimowski a cru bon d’insérer des plans didactiques sur l’embrigadement de l’homme par des fous de Dieu, mais cette objectivation un peu kitsch de son film nous éloigne de l’essentiel du titre : les machines à tuer, quelle que soit leur nationalité, n’ont pas besoin d’une bonne excuse. Elles sont gouvernées par un instinct animal de survie, qui malgré tous leurs rêves de pureté, s’achève dans un bain de sang.

 

ESSENTIAL KILLING : BANDE-ANNONCE par baryla

PS : Plusieurs associations cinéphiliques niçoises et Amnesty International organisent jeudi 7 avril 2011 au cinéma Rialto à Nice à 20 heures, une soirée de soutien aux cinéastes iraniens Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof avec la présentation du dernier film du cinéaste iranien Rafi Pitts, The Hunter, mobilisé pour la libération des deux réalisateurs.

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