Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon : le pouvoir en crise de pureté

Quel plaisir de se dire que si de sinistres bouffons comme Silvio Berlusconi peuvent bafouer la loi et la morale grâce à leur compte en banque et leur pouvoir, des artistes sont présents pour leur dire qu’ils vivent comme des porcs dignes des pires romans de Kafka où le pouvoir, aussi ignoble soit-il, se pare toujours d’une auréole de pureté.

Sous le règne de la démocratie chrétienne en Italie, Elio Petri nous offrit Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, Oscar du Meilleur film étranger en 1970, sur une musique culte d’Ennio Morricone avec Gian Maria Volonte (le fameux fils de bonne famille qui doit “viser au coeur” dans Pour une poignée de dollars). Où l’on suit le délire d’un commissaire romain pris dans son délire de pouvoir, assassiner sa maîtresse nymphomane en laissant de nombreuses traces de sa culpabilité, tout en organisant la répression contre les terroristes d’extrême-gauche. L’enquête remonte très vite jusqu’à l’homme qui plonge dans un délire narcissique et fasciste de pureté consistant à prouver au monde qu’il est la preuve de la corruption du système, tout en étant effrayé par sa démarche.

Le décor en briques et lignes droites renforce l’impression d’un univers concentrationnaire, où les manifestants pacifistes sont torturés comme dans les pires dictatures pour le profit d’une minorité satisfaite. Gian Maria Volonte, surtout connu en France pour ses rôles de cowboy sadique, impressionne ici énormément par sa folie d’Ubu commissaire pathétique et effrayant.

Ecoutez, je vous aurais sans doute écrit encore trente pages sur le film, mais mon fils saute sur mes genoux et trépigne et a décidé de transformer mon clavier d’ordinateur en jouet, alors bonne soirée et n’oubliez pas avant de vous coucher de vous laver les dents et d’embrasser des lèvres aimées.


Gian Maria Volonte Morricone par zacharim

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *