20 ans de Côté Court : Emmanuel Mouret et les tensions de la monogamie

Le Festival Côté Court et l’infatigable Jacky Evrard poursuivaient hier soir avec Emmanuel Mouret, invité d’honneur permanent de ce blog, la mesure du temps qui comme nous dit le dernier des Coen, “nous file entre les doigts”.

Le comédien cinéaste le mieux peigné de France dans un milieu où il est du dernier chic de se présenter avec une veste à la poche déchirée, a construit l’une des oeuvres les plus attachantes du cinéma français contemporain, héritière de la grande tradition verbale du cinéma hexagonal (Pagnol, Guitry, Rohmer) ou international (Woody Allen, Nanni Moretti) et du burlesque (Keaton, Chaplin), qui culminait dans son avant-dernier film Fais-moi plaisir, avant d’attendre peut-être au mois d’août son dernier opus, L’art d’aimer, au casting impressionnant (Ariane Ascaride, Frédérique Bel pour son quatrième film avec l’auteur, Judith Godrèche, Gaspard Ulliel, Stanislas Mehrar, etc.).

Comme le veulent les soirées qui préparent les 20 ans du Festival découvreur de talents (François Ozon, Laetitia Masson, les Dardenne, Laurent Cantet, et même votre serviteur bien peigné un jour sur deux), Emmanuel Mouret présentait l’un de ses premiers court-métrages, Caresse, réalisé dans le cadre privilégié de la FEMIS dont il est issu. Un auteur ne naissant pas dans les choux, il est naturel de repérer dans ses premiers films les thèmes qui irriguent son oeuvre dès cette histoire de jeune fille torturée par les rêves érotiques qu’elle partage avec un simple ami de lycée : l’ennui de la vie moderne, les tensions de la monogamie, la préférence pour le fantasme plutôt que la triste réalité, etc.

Emmanuel Mouret, membre de la tribu des Tendres, présentait aussi le bucolique Naïs d’après Zola de l’oublié Leboursier, écrit et produit par Marcel Pagnol avec la belle Jacqueline Bouvier qui devint sa femme et sa Manon des sources. La parenté entre le jeune cinéaste apparenté au cinéma d’auteur moderne et le cinéaste populaire marseillais s’éclaire lorsque Emmanuel Mouret parle de la ville d’où il vient et où il vit (Marseille), de son admiration pour le cinéma populaire et ses grands comédiens (Fernandel, Pierre Richard) et de son aspiration à un succès populaire. Puisse cet homme enchanter toujours plus de monde avec sa recette de l’auto-dérision, du tendre et de la mélancolie.

L’art d’aimer d’Emmanuel Mouret, sortie prévue au cours de l’été 2011.

20e Edition du Festival Côté Court, du 15 au 25 juin 2011 au ciné 104 de Pantin


Fais Moi Plaisir – Bande-annonce
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One thought on “20 ans de Côté Court : Emmanuel Mouret et les tensions de la monogamie

  1. J’adore Emmanuel Mouret, voix singulière dans l’expression du cinéma français, à l’humour fin et unique. Vivement son prochain !
    D’ailleurs je connais bien le Festival Côté Court, pour avoir passé une bonne partie de ma vie à quelques centaines de mètres du cinéma. J’ai même participé une fois au Jury Jeunes !

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