Santiago 73 Post mortem : comment on devient fasciste

Par quelle pente sournoise un individu normal glisse-t-il vers les plaisirs odieux du fascisme ? Il n’est pas étonnant de voir resurgir en ces temps de crise des oeuvres centrées autour de l’appropriation du pouvoir par une minorité violente.

Le film chilien Santiago 73 Post mortem de Pablo Larrain a choisi le triste décor de la morgue de la capitale chilienne comme métaphore du coup d’Etat par lequel Pinochet renversa Salvador Allende. Le point culminant du film nous montre son anti-héros en train de rédiger les minutes de l’autopsie du chef de gouvernement socialiste assassiné par la junte soutenue par la CIA.

Pablo Larrain filme dans les couleurs tristes et ternes produites par les objectifs russes utilisés en son temps par Tarkovski, la déshumanisation d’un homme et d’un pays par une suite de chocs éprouvants, des plus banals et individuels aux plus effrayants et collectifs : misère sexuelle, jalousie envers un rival gauchiste, montée de la peur consécutive à l’accumulation des corps dans la morgue, répression impitoyable des plus petits faits de résistance.

Le goût du cinéaste pour le grotesque (le spectacle minable des effeuilleuses) et pour quelques effets très “cinéma d’auteur” (la crise de larmes soudaine des deux personnages en plan séquence) rebuteront certains, mais l’accumulation des cadavres est l’une des images les plus effrayantes produites par le cinéma ces derniers temps. La reprise de l’excellente mise en scène de Rhinocéros par Emmannuel Demarcy Mota au Théâtre de la Ville, ou l’inéluctable déshumanisation d’une communauté, complète intelligemment ce parcours dans le siècle des extrêmes.

SANTIAGO 73, POST MORTEM : BANDE-ANNONCE VOST HD

envoyé par baryla. – Court métrage, documentaire et bande annonce.

A Cinéma dans la Lune ce matin, Djamila a félicité Mathieu pour avoir écrit un article sans citer une seule fois Jacques Mandelbaum, en ajoutant qu’avec quelques années d’entraînement il réussirait sans doute à se débarrasser de sa citationnite d’hypokhâgneux. Celui-ci a dit qu’elle était jalouse parce qu’elle aurait bien aimé passer par les classes préparatoires littéraires du lycée G. dont le proviseur lui avait hurlé dessus un jour qu’il embrassait une très belle femme dans la cour : “Vous n’avez rien d’autre à faire ?”.

Djamila a croisé Hélène, qu’elle a félicité pour sa robe. Celle-ci l’a remerciée en disant qu’elle en était très contente car elle faisait des ravages avec sa robe La petite Française depuis qu’elle l’avait achetée chez Kyrie Eleison. Elle a ajouté qu’heureusement qu’elle s’offrait des robes parce que son homme venait de lui offrir sa lingerie coquine annuelle pour la Saint-Valentin. Djamila a dit qu’elle n’avait pas eu cette chance parce que son amoureux avait eu l’étonnante idée de l’emmener en Tunisie pour le week-end, en soutenant que c’était maintenant qu’il fallait visiter ce pays, et pas il y a six mois sous la dictature. Elle a dit qu’elle avait passé un excellent séjour et que cette escapade s’imposait parce qu’avec la vie parisienne, ils n’en venaient à faire l’amour qu’une fois par semaine, alors qu’au bord de la mer, ils n’avaient pas cessé de se câliner.

Rhinocéros d’Eugène Ionesco mise en scène d’Emmanuel Demarcy Mota du 29 avril au 14 mai 2011 au Théâtre de la Ville

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