Mardi, après noël : l’insoutenable légèreté de la séparation

A quoi reconnaît-on un couple totalement cuit ? Voilà l’obsédante question d’un nouveau film roumain qui place très haut cette cinématographie depuis qu’elle s’est dotée du même système de financement du cinéma que la France et la Corée du Sud.

Radu Muntean filme en plan séquence l’inéluctable moment du départ d’un homme à peine plus lâche qu’un autre, Paul, banquier bucarestois prospère, amoureux de la dentiste de sa fille, Raluca, qui le pousse à quitter sa femme avocate, Adriana.

Voilà un homme qui a tous les signes de la réussite sociale et du bonheur, une jolie petite fille et une femme aimante, mais dont les mensonges deviennent inquiétants. Lorsque sa femme vient assister au rendez-vous de sa fille avec la stomatologue pour la pose d’un appareil dentaire, Radu Muntean filme une tension insoutenable qui résulte d’une situation terriblement banale : le mari, la femme, la maîtresse, sans porte qui claque ni trompette. Le langage scientifique employé par Raluca pour expliquer son travail, le regard amoureux de la mère sur sa fille, la gêne du mari, tout exprime le gouffre en train de se creuser.

Chaque scène dessine l’inéluctabilité du départ : absence de réponse aux gestes de tendresse de sa femme, agressivité de la mère de Raluca à l’égard de Paul, retour en adolescence du meilleur ami de Paul, etc.

Le metteur en scène cadre dans l’arrière-plan les inégalités sociales et les retraités à la charge de leurs enfants dans un système où à Bucarest, le boulevard des Libertés a pris la place de l’ancien boulevard du Triomphe du Communisme. L’intelligence de Mardi, après noël est de nous rappeler que l’explosion tant attendue n’emmènera pas nécessairement Paul vers la voie du bonheur. Un peu plus loin des siens, un peu plus proche de lui.


MARDI APRÈS NÖEL : BANDE-ANNONCE VOST
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