The social network de David Fincher : le siècle de l’exhibition

The Social Network

Le plus intéressant avec The social network est moins d’apprendre que l’inventeur d’un réseau de 500 millions d’amis est un autiste que d’imaginer ce que David Fincher, le cinéastes de l’obsession de la mort en occident, violente (Seven, Zodiac) ou à petit feu (Panic Room, Benjamin Button) fait de cette histoire.

Jesse Eisenberg campe un nerd étudiant à Harvard, un peu autiste, qui se venge de sa copine un soir en l’humiliant sur son blog et en créant un site permettant de voter pour les filles de l’Université. Sa réputation est faite, trois fils à papa l’approchent pour lancer un réseau social, il trouve l’idée géniale et se lance de son côté dans son propre projet, un certain The Facebook, devenu sur conseil de l’inventeur de Napster (le site d’échange gratuit de musique dont le succès a divisé par deux le chiffre d’affaires de l’industrie du disque en dix ans), Facebook.

David Fincher structure cette intrigue qui ne ferait a priori fantasmer qu’un quotidien économique en une grande fresque désenchantée sur le rêve américain : une lutte toujours possible (en tout cas beaucoup plus qu’en France où le capitalisme est presque essentiellement détenu par des héritiers), mais impitoyable, une machine à broyer l’amitié et les sentiments.

Toute l’intrigue tourne autour des deux procès entre l’inventeur du site, les inventeurs du concept et le premier associé du premier (Andrew Garfield, le délinquant de Boy A). La tension de ce polar psychologique est encore renforcée par la présence de Trent Reznor au générique, le chanteur-compositeur de The Nine inch nails, que votre serviteur n’a pas fait sembler d’écouter durant sa jeunesse (mon frère prétendrait que je le couvre de honte en écoutant surtout un morceau en boucle par album, mais plusieurs témoins peuvent certifier que j’ai écouté The downward spiral de NIN et Nevermind de Nirvana en entier, et plusieurs fois).

Le réseau le plus exhibitionniste du monde, où l’on peut découvrir tous les secrets de ses amis (avec qui ils sortent, de qui ils se séparent, leurs photos, etc.), collègues, proches et moins proches, n’est rien moins que le vrai reflet de son époque, obsédée par ses 15 mégaoctets d’éternité, comme son inventeur qui voulait plus que tout accrocher le regard d’une jolie fille. “Tu n’est pas un salaud, mais tu fais tout pour en être un” lui dit l’assistante de son avocat. Un roi sans divertissement est un homme plein de misères.


THE SOCIAL NETWORK : BANDE-ANNONCE HD VOST
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