Kaboom de Gregg Araki : sexe, secte et science-fiction

Kaboom

S’il faut deux générations pour assister au refoulement de la mémoire sur un conflit, peut-être faut-il soixante ans pour libérer les moeurs si l’on en croit cette année 2010 où l’on n’a jamais autant parlé de l’échelle de l’Américain Kinsey qui classe depuis les années 50 l’humanité en catégories allant de totalement hétérosexuel (0) à totalement homosexuel (6).

Le sujet était aussi au coeur du film de Xavier Dolan, et Gregg Araki ne fait pas dans la dentelle pour passer aux travaux pratiques avec le personnage principal de Kaboom, un étudiant américain mal peigné qui fantasme sur son colocataire tout en couchant avec une grungette de la fac, laquelle apprend aux hommes à distinguer un vagin d’un plat de nouilles.

Le cinéaste, fasciné par David Lynch, mêle à ces explorations érotiques un zeste de bizarre lorsque notre étudiant assiste à un meurtre commis par des individus porteurs de masques d’animaux, et que sa meilleure amie est vampirisée par une vraie sorcière (Roxane Mesquida, excellente comédienne que nous admirons depuis A ma soeur de Catherine Breillat).

Le film s’emballe en de savoureux moments dignes des pires nanars de la SF paranoïaque des années 50 mâtinée de fantasmes et de l’humour classique du cinéma queer pour la traversée des genres sans passer par la case départ. Nous attendons encore le grand film sur adolescent, qui viendra peut-être un jour de l’adaptation du Maître des illusions de Donna Tarrt, et que nous filmerions bien demain matin si nous réunissions les 10 millions d’euros pour le faire. En attendant, comme disait le garagiste d’En quatrième vitesse de Robert Aldrich, grâce auquel nous devons un peu de David Lynch, par lequel nous avons Gregg Araki : “Vroum, Vroum, Badaboum.”

KABOOM – bande-annonce

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