The expendables de Sylvester Stallone : bienvenue au Racaillethon

Expendables : unité spécialeIl est permis, à l’heure où les débats sur l’âge du départ à la retraite font rage en France, de saluer la sortie de The expendables de Sylvester Stallone, qui rassemble tout ce que le cinéma d’action hollywoodien a compté de star depuis trente ans, comme des pistes offertes pour la reconversion des seniors : tabassage des hommes qui battent leurs femmes, exécution des kidnappeurs du Golfe d’Aden, décapitation de militaires d’une narcodictature du Golfe du Mexique, etc.

Stallone est émouvant lorsqu’il est vulnérable, vétéran du Vietnam rejeté par les siens qui ne veulent plus entendre parler de la sale guerre dans Rambo, policier corrompu et sourd d’une oreille dans l’étonnant Copland, mercenaire se sacrifiant pour des humanitaires qui n’acceptent pas d’avoir besoin de lui dans John Rambo, etc.

Il a choisi une voie médiane pour The expendables, en venant en aide à une pauvre guerillera d’une narcodictature opposée à son père de militaire allié à un ancien de la CIA pour exploiter les paysans afin de produire de la cocaïne. Le film vaut surtout pour le parcours de ses proches : Mickey Rourke minable de ne pas avoir été capable de sauver une femme suicidaire en Bosnie, Schwarzy sorti quelques heures de sa Californie surendettée pour refuser la missiondu film car comme dit Sly il “veut être président”, Jason Statham donnant des fessées aux hommes violents et des leçons aux femmes qui posent trop de questions.

Le concours de muscles et de grosses poitrines n’est pas évident pour faire un grand film, et la morale imbécile (les femmes sont trop difficiles à comprendre, rien de tel qu’une partie de lancée de couteaux et de bière entre potes, même s’ils ont tenté de vous tuer) nous prive de ce qu’aurait pu donner ce Sept samouraïs moderne : la mélancolie des hommes valeureux qui comprennent que le monde n’a plus besoin d’eux.

2 thoughts on “The expendables de Sylvester Stallone : bienvenue au Racaillethon

  1. Plutôt aimant un cinéma engagé ou intimiste, après des études de cinéma et de tant de choses, je me suis laissé entrainer par ma fille. Je n’ai pas été déçu. Sur le plan images et photographie, ainsi que montage c’est effectivement du grand cinéma, lisible, visible, et parfois innovant. Peu ou pas de plantage sur le rythme. Bon, la simplicité du thème, les personnages féminins inexistants et insipides… J’avoue sans honte avoir passé une excellente soirée, meillere que dans le dernier jarmush pour qui j’ai bcp plus d’affection. Ce qui ne m’a pas empêché en rentrant de regarder les fragments d’Antonin, peu diffusé en salle malgré des prix, qui est fabuleux. Pour moi un très bon Stallone et un morceau de bravoure pour le rôle de Mickey Rourke.

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