Tamara Drewe de Stephen Frears : n’oubliez pas de vivre !

Tamara Drewe

Gemma Arterton trisse, nous blémissons. Après le Prince de Perse et La disparition d’Alice Creed, la voici dans un nouveau rôle titre qui vaut consécration de son talent. Adaptation d’un roman graphique anglais, l’intrigue de Tamara Drewe est aussi mince que le short de la belle brune, mais le film vaut surtout pour sa galerie de personnages réunis autour d’une résidence d’écrivains : l’auteur de polars satisfait de sa situation, qui pourrait comme l’Adrien Deume de Belle du seigneur se réjouir de gagner davantage d’argent que Mozart, l’écrivain américain raté qui s’obstine à écrire un essai sur Thomas Hardy qui n’intéresse personne, les adolescentes du village qui trompent l’ennui en rêvant de “rouler des pelles” à des starlettes du rock, et donc Tamara Drewe, journaliste en rêve de reconnaissance qui s’est fait refaire le nez pour obliger les hommes à la regarder en rêvant.

Stephen Frears, auteur de la plus fameuse adaptation du sulfureux Les liaisons dangereuses, s’amuse de nouveau du jeu de l’amour et des mensonges, avec son écrivain à succès dont les femmes goûtent les paroles, son perdant dont la barmaid du village lui explique qu’il n’est qu’un “objet sexuel” et la Tamara qui s’entiche de la starlette du rock de passage, de l’écrivain puis de son paysan. On finit par en perdre son latin, mais les vaches qui effraient l’Américain sont bien gardées, et il est conseillé à tout ce beau monde de rêver haut, tout en fuyant, mon frère, ceux auxquels tu ne veux ressembler.

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