Etat du court-métrage à Pantin (3) : Thomas Salvador, nous chanterons ton nom

Il n’est pas donné à tout le monde de redevenir enfant comme Brad Pitt dans L’étrange histoire de Benjamin Button. Le cinéaste-acrobate-pongiste-fan de Jacky Chan, Thomas Salvador, est en train d’y parvenir. Ses films le mettaient jusqu’à présent en scène, grand gamin bien peigné apprenant sagement avec un ouvrier des gestes ridicules et inutiles sur la carcasse d’une machine (Une rue dans la longueur, photo), prenant racine au sens propre du terme pour devenir-arbre (Là ce jour), animateur de colonie devenant l’enfant du groupe de petits qu’il est censé superviser (Petits pas), célibataire préparant son appartement pour y venir avec une belle avant d’y revenir seul pour y lancer sa boîte de sel en triple salto arrière d’une manière qui fera date, parler seul (il faut le voir lire Le Monde avant de dire “quoi ?” à un partenaire imaginaire, dans le vide) et danser comme un gamin sur du hardrock pourri (De sortie).

On n’avait pas reçu d’aussi bonne nouvelle du retour du burlesque en France depuis la mort de Jacques Tati. Thomas Salvador finalise le scénario de son premier long-métrage, une histoire de super-héros dans laquelle son rôle de pantin solitaire sera joué par Vincent Rottiers (l’excellent comédien d’A l’origine, Je suis heureux que ma mère soit vivante, etc.). L’homme qui se défend tellement de parler du corps, et même de parler tout court, montre pourtant dans un grand éclat de rire une nouvelle piste pour ceux qui ne cessent de se cogner au monde : tordez-vous !

Festival Côté Court de Pantin, du 9 au 19 juin

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