Rabia de Sebastian Cordero : un ami qui vous veut du lien

Rabia

Le cinéaste Guillermo del Toro, invité d’honneur parmi quelques privilégiés de Cinéma dans la lune, a mobilisé tous nos correspondants pour la sortie de sa dernière production, Rabia (“rage” en espagnol) de Sebastian Cordero, ou l’histoire d’amour contrariée par la colère sociale de deux immigrés latinos en Espagne.

Les hommes tombent comme des mouches sur le sillage de la jolie Colombienne, Martina Garcia, qui travaille comme bonne à tout faire chez des bourgeois madrilènes. Comme ce pauvre José Maria, qui a du mal à se retenir lorsque les hommes sifflent sa petite amie ou lui parlent comme à un chien. C’est d’ailleurs l’un des intérêts de ce film d’ancrer l’intrigue dans le racisme entre peuples latins, principalement des Espagnols envers les Latinos métissés de sang indien. José Maria tue par accident son chef de chantier et trouve refuge dans la maison de sa compagne sans la prévenir.

L’immense maison décadente des bourgeois madrilènes devient un refuge envoûtant pour emmener le récit au bord du fantastique et développer une intrigue sur la colère sociale de ces pauvres immigrés qui doivent tout accepter pour survivre en Europe. Guillermo del Toro, admirateur d’Un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll (Sergi Lopez mourait de la même manière dans Le labyrinthe de Pan et le film de Moll), a dû penser à cet étrange récit de fascination perverse pour cette production. Le réfugié protège la fragile Rosa jusqu’à commettre l’horreur et s’enfoncer dans la folie. La pauvre Rosa s’accroche à ses bourgeois décadents et futiles comme dans L’Ange exterminateur de Luis Bunuel, puis à son bébé. Cinéma dans la Lune, ou la fraternité des cinéastes de la colère et de la joie.

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