L’enfance du mal : Anaïs Demoustier, nous chanterons ton nom

L'Enfance du mal
Extension du domaine de la lutte des classes chez les juges et leurs victimes, ou L’enfance du mal d’Olivier Coussemacq. Une mise en scène polissée, le violoncelle de rigueur et des décors très bourgeois donnent au mal du titre un cadre un peu abstrait, comme souvent dans le cinéma français. Anaïs Demoustier, en jeune ingénue qui tente de se faire adopter par la famille d’un juge (Ludmila Mikael et Pascal Greggory) a pourtant la malice et les expressions de la jeune Isabelle Huppert.
La jeune fille attire les prédateurs devant les commissariats pour leur soutirer de l’argent, séduit le juge puis sa femme, ainsi qu’un voyou inquiétant (l’excellent Sylvain Dieuaide, qui écope malheureusement d’un rôle peu probable de tueur de chien).
Il est bien entendu question de culpabilité dans ce polar chabrolien où notre juge est confronté à la question la plus brûlante de sa carrière, celle de la possibilité de l’injustice, de la peine trop sévère et d’une justice de classe. Une jeune fille prête à tout pour sauver sa mère crée un clan de femmes unies contre la libido et la violence des hommes. Voilà le film que nous aurions voulu voir : la création de la cité des femmes.

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