Comment filmer un baiser ?

La parité euro/dollar et la montée des taux d’intérêt en Europe sont des sujets absolument passionnants, mais je préfère pour ma part évoquer dans ces lignes la manière dont les cinéastes filment la chose la plus naturelle et pourtant la plus émouvante qui soit, un baiser.

– Le premier baiser : Il est bien connu que le plus difficile avec le premier baiser consiste pour les jeunes amants à bien faire la différence entre la bouche, les dents, la langue, et pour les plus myopes la joue, du protagoniste. Pour toutes ces raisons, un premier baiser est souvent maladroit, comme nous le montre François Truffaut par Baisers volés ou Maurice Pialat dans A nos amours (1983), où les baisers de Sandrine Bonnaire sont très brutaux.

– Le baiser en un seul sens : Cette forme de baise convient aux demi-couples, où l’un des deux n’est pas véritablement amoureux de son partenaire. L’exemple le plus flagrant nous vient du film Naked Kiss (1964), de Samuel Fuller, dans lequel Constance Towers épouse un charmant héritier qui n’a d’autre défaut que… d’aimer les petites filles. Pour cette raison, chaque baiser pour sa femme est “nu”, dépourvu d’amour.

– Le baiser passion, autrement intitulé “mange sa bouche” : Le cinéma américain es coutumier du baiser passion, où les acteurs y mettent moins la langue qu’ils n’ouvrent grand leur mâchoire, et qui s’accompagne généralement de scènes érotisantes dont mes lecteurs pourront retrouver la trace dans le blog :”comment filmer une scène d’amour ?” Il est vivement conseillé de choisir pour ce genre de baisers des acteurs qui ont l’haleine fraîche, ou s’ils fument et ont les dents gâtées, se les lavent.

– Le dernier baiser, autrement nommé l’agonie de l’amour : Ce baiser est imposé lorsque les conventions sociales, la maladie ou la mort sépare le couple. Le visage de l’être mourant est généralement fantomatique, comme celui de Leonardo Di Caprio à la fin de Titanic. Le dernier baiser peut également se conclure par le suicide des héros en Roméo et Juliette modernes, tels Fanny Ardant et Gérard Depardieu dans La femme d’à côté.

Il est vrai que ce blog s’est limité aux baisers sur la bouche. Il sera toujours temps de revenir plus tard aux autres formes de baisers : sur la joue, le front, dans le cou, dans les cheveux, sur la main, les pieds, et la pudeur m’interdit de nommer d’autres parties plus intimes mais qui apprécient tout autant les baisers.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *