Lola de Brillante Mendoza : la mort et le crédit

Lola

Bonjour Philippines, nouveau-venu de la planète cinéma, qui nous a appris à vivre trois fois plus qu’avant sa naissance en nous montrant le monde tel qu’il tourne ailleurs. Lola, ironiquement “grand-mère” en Tagalog, dialecte des Philippines, consacre de nouveau son réalisateur Brillante M. Mendoza parmi les grands, un oeil de documentariste pour des histoires violentes inspirées de la vie de ses concitoyens dans les environs de la capitale, Manille.

Regarde le visage de la première grand-mère dont le petit-fils vient d’être assassiné par une petite frappe, et l’argent, qui corrompt tout avec davantage de conviction que dans le film de Robert Bresson. Il est le nerf de la guerre de ces populations qui survivent dans les quartiers inondés de la capitale, colonisés jusque dans leur langue qui mêle les mots espagnols et anglais de leurs conquérants des siècles passés. L’autre grand-mère justement court après les billets pour acheter le pardon de la première pour le meurtre commis par son fils. La première ne peut même pas payer l’enterrement de son fils : l’achat du cercueil, le prix de la cérémonie, de l’enterrement, tout est hors de portée.

Lola est le triste tableau de cette société de l’endettement permanent et des crédits à la consommation ouverts avec le sourire par les banques, qui vient d’exploser devant nos yeux, en 2008 aux Etats-Unis, et ces dernières semaines en Grèce. Brillante Mendoza est pourtant un cinéaste de la vie qui célèbre le courage de ges vieilles dames à lutter contre les éléments, les tempêtes de vent, les inondations, trouver de la nourriture, s’extasier de découvrir les poissons que les inondations amènent au niveau de la maison. Il les filme comme dans la Bible, sauvés temporairement des eaux, avant de rappeler que pour certains l’enfer est bien sur terre.

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