L’épine dans le coeur de Michel Gondry : le meilleur d’entre nous (bis)

L'Epine dans le coeur

Un homme dont le film Eternal Sunshine of the spotless mind, avec Jim Carrey et Kate Winslet, est considéré à Hollywood comme le plus grand film des années 2000, et porte des pulls en laine à gros flocons de neige pour filmer sa tante dans les Cévennes, est forcément quelqu’un de bien.

Le clippeur le plus connu de la planète, dont le visage apparaît pour illustrer les vertus de notre beau pays dans le film de l’Agence Française des Investissements Internationaux aux côtés de Jean-Paul Gaultier et Philippe Starck, réalise avec L’épine dans le coeur un documentaire sur la vie de Suzette Gondry, sa tante devenue institutrice dans les Cévennes et témoin de la mutation du monde avec l’arrivée des harkis, démunis et mal-aimés, en 1963.

Michel Gondry, qui pense que les films préférés des spectateurs sont ceux faits par soi-même, théorie illustrée dans le merveilleux Soyez sympas, rembobinez, convie ses techniciens dans l’image, filme les enfants de l’ancienne école de Suzette avec des vêtements “invisibles”, et récupère les films de famille réalisés par son cousin en super 8. La forme d’un Etre et avoir bis sur les vertus de la France rurale et d’antan est vite délaissée pour cette fameuse épine dans le coeur de la tante, les secrets et les douleurs de son propre fils qui ne devaient pas être faciles à vivre dans les Cévennes des années 80.

A l’heure où le Quartier Latin filme son entre-soi pour nous dire “qu’on est quand même mieux entre fils de comédiens” (tout en critiquant dans la presse Nicolas Sarkozy qui est si méchant) comme d’autres ne sont bien “qu’entre Français”, il est heureux de voir un Versaillais filmer moins chanceux que lui.

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