Comment filmer la vie après la mort ?

Voilà une question passionnante, car il n’est pas tout de se préparer à la vie après la mort, ou d’en refuser la possibilité, mais on peut aussi filmer cette situation.

– La vie empire : Vaudou (I walked with a zombie, 1943) de Jacques Tourneur, La nuit des morts-vivants (1970) et Zombie (1983) de Romero ont prouvé que la vie après la mort représentait le début de sérieux ennuis, la condition de zombie étant pour Romero vouée à retourner dans les lieux que les vivants prenaient plaisir à fréquenter, en l’occurence les supermarchés. On remarquera que les morts-vivants ont été à l’origine d’un cinéma fantastique à caractère politique, comme le manifeste la fin de La nuit des morts-vivants, lors de laquelle d’affreux chasseurs texans abattent comme un chien le seul survivant de l’invasion qui est… noir. Dans Zombie, le seul survivant à l’épidémie de zombisme est également noir, ce qui permet de conclure que le nouvel Adam aura cette couleur de peau (thématique reprise par Alfonso Cuaron en 2007 dans Les fils de l’homme, qui fait d’Eve une noire).

– Le purgatoire : La vie ne règle pas nécessairement les problèmes, et il arrive que les vivants soient invités à réparer leurs conneries durant quelques semaines ou mois. Ghost de Jerry Zucker, Sixième sens de M. Night Shyamalan et Les autres d’Alejandro Amenabar exploitent le filon des fantômes qui soldent les comptes avant le repos éternel.

– La vie rêvée des vivants : Les fantômes peuvent aussi peupler les rêves des vivants, comme dans Festen (1996) de Thomas Vinterbergh, où la jeune femme qui s’est suicidée rend une visite nocturne à son frère pour le consoler.

 

– Les lumières du paradis : Les évocations du paradis sont rarement convaincantes, à moins d’insister sur une forte lumière comme le fait Kieslowski à la fin de Bleu par exemple, mais il faut surtout admirer la mystique de l’eden dans le dernier plan de 2001, L’odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick : un foetus astral, au milieu des étoiles, au bout de l’aventure humaine, qui nous rappelle que la seule vie après la mort qui nous restera à jamais accessible est finalement celle des êtres humains qui nous survivront.

 

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