Nicolas Sarkozy et le syndrome de Barry Lyndon

Barry Lyndon

Barry Lyndon est un roman de William Thackeray, popularisé par le film de Stanley Kubrick, qui raconte l’histoire d’un arriviste broyé par ceux auxquels il voulait ressembler pour n’avoir pas su respecter leurs codes. Depuis la défaite de la droite aux régionales, force est de constater que les vannes sont ouvertes dans le clan du chef de l’Etat pour critiquer ses erreurs : Martin Bouygues, témoin de mariage du Président, pestant le 5 mars (avant les élections) contre la nouvelle taxe sur les entreprises de télécommunications, le Sénateur Alain Lambert estimant le 2 avril que le chef de l’Etat “mène la droite à l’abîmeavec “un comportement désinvolte, irrespectueux de ceux qui avaient porté à la présidence de la France un homme dont le premier geste fut de se rendre… au Fouquet’s ! Quel symbole“, Alain Juppé affirmant le 10 avril qu’il “n’a jamais cru à la rupture” affichée par le Président, etc.

Ce retour du “corps traditionnel de la droite” pour paraphraser Gérard Longuet, illustre bien la formule caustique du chanteur Arnaud Fleurent-Didier : “fils de gauche, tu milites, milite, fils de droite, hérite, profite”, à laquelle ce blog ne saurait d’ailleurs faire injure. Dans ce petit roman proustien qu’est devenu notre République, avec ses affaires d’état, ses semi-mondains, ses cocottes, ses intellectuels serviles, etc., sur fond de montée de la peur de l’autre (l’Affaire Dreyfus à l’époque de Proust, la peur du musulman et du juif aujourd’hui), Nicolas Sarkozy se retrouve isolé par ceux auxquels il a tant voulu ressembler, mais dont il s’est inexorablement éloigné par une méthode de pouvoir peu orthodoxe dans son camp politique, et plus généralement en France.

Alors bien sûr on a vu des impopulaires remonter la pente, des opportunistes de dernière heure finir devant les tribunaux, et puis la France se gagne dans les sous-préfectures, sans oublier une question existentielle : la gauche surmontera-t-elle d’ici 2012 le syndrome de Stockholm (les partisans de l’ouverture amoureux de leur kidnappeur), le complexe d’Oedipe (incapacité à tuer les pères Mitterrand et Jospin), le syndrome du 21 avril (accuser le peuple de la présence de l’extrême-droite au second tour des présidentielles), le syndrome de Camus (ne voir en les Musulmans qu’une menace), etc., ou aura-t-elle le sens du collectif comme les héros des films de James Cameron (“go, go, go.“) ? Voilà deux années qui s’annoncent passionnantes pour tous ceux qui mourront un jour heureux d’avoir, outre eu la chance de l’amour et de l’amitié, observé le mouvement du monde avec attention et ironie.

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