L’arnacoeur de Pascal Chaumeil et le charme au cinéma

L'Arnacoeur

Si la plupart des comédies romantiques contemporaines ressemblent à des publicités pour le savon, du moins L’arnacoeur est-il soulevé par ses acteurs, Vanessa Paradis ou le plus joli oiseau du cinéma français avec Simone Simon, et Romain Duris avec lequel nous avons grandi (nous avons nous aussi écrit des scénarios et menti à notre banquier comme dans Les poupées russes, couru tout nu dans une forêt – allemande pour ma part – comme dans Gadjo Dilo, etc.).

Alors bien sûr, il y a l’histoire bien ficelée d’un briseur de couples qui tombe amoureux de la belle héritière qu’il est censé éloigner de son bel Américain. Julie Ferrier excelle dans les sidekicks de héros en soeur, assistante et souffre-douleur. Hélène Noguerra s’est vue confier comme d’habitude un rôle vulgaire dont le film aurait pu se passer (dans Tout ce qui brille, aucune trace de vulgarité si ce n’est dans le langage des jeunes femmes, dans Soul Kitchen, la vulgarité est rabelaisienne, elle n’excite pas les clichés machistes ou racistes), et Vanessa Paradis aurait pu idôlatrer autre chose que Dirty Dancing et le Roquefort au petit-déjeuner (dans Titanic, Kate Winslet admire Monet et Picasso, croyez-moi, ça a marché).

“On sent le type à l’aise” disait Yves Montand à Romy Schneider à propos de Sami Frey dans César et Rosalie, ce à quoi la belle Autrichienne répondait : “c’est comme toi, ça s’appelle le charme”. C’est bien par le charme que L’arnacoeur nous attrape, en filmant Vanessa Paradis comme la belle femme qu’elle est devenue, et non la Lolita à laquelle elle semblait cantonnée depuis Noce blanche, et Romain Duris comme la seule bonne raison pour laquelle une femme quitterait un Apollon. Dans ce grand lieu de résolution collective des fantasmes qui s’appelle le cinéma, il ne faut pas bouder les histoires d’individus plus audacieux que nous.

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