Soul Kitchen : le premier grand film populaire de 2010

Soul Kitchen

Comment réaliser un grand film populaire ? Réunis comme Fatih Akin une bande de potes qui ressemblent au mouvement du monde, et pas à la Caucasian Connection. Mélange des stars à de parfaits inconnus. La première motivation d’un spectateur qui se rend au cinéma consiste à aller voir des acteurs qui appartiennent à sa tribu, alors n’aie pas peur d’appeler la star du cinéma allemand Moritz Bleibtreu, interprète de l’adaptation des Particules élémentaires et à deux reprises du plus célèbre gauchiste d’outre-rhin, Andreas Baader, dont une fois pour Spielberg, qui n’est pas n’importe qui. Sois fidèle en amitié si tu ne veux pas mourir seul en suant de haine comme le Bernard Tapie de pacotille décrit par Florence Aubenas au début de son livre à Cabourg. Rappelle Birol Unël, le Robert de Niro allemand et turc du chef-d’oeuvre du film qui t’offrit la consécration, Head-on, pour en faire un cuisinier lanceur de couteaux.

Rappelle-toi Chaplin et n’oublie pas d’accumuler les ennuis qui tombent sur ton héros : redressement fiscal, hernie discale (et en plus, ça rime), désertion de son restaurant suite à l’arrivée d’un nouveau chef hystérique, magouille immobilière, sortie de prison du frère né avec un poil dans la main, etc.

N’oublie pas que comme disait Nietzsche, “la vie sans la musique serait une erreur”, et là aussi mélange, métisse, ne nous sors pas un cours sur Wagner ou la musique rock des seventies, mais croise tes albums de musique soul, de chanson populaire allemande et de rock comme Fatih Akin.

Ajoute un zeste de vulgarité rabelaisienne, les corps sont tellement corsetés dans notre société que le spectateur te sera reconnaissant. Résouds ses fantasmes : une sexualité inventive et bruyante, des fêtes décadentes, des histoires d’amour qui finissent mal, mais sans ressentiment, des amitiés inébranlables, des fratries complémentaires. N’aie pas peur du happy ending, la soirée ciné coûte 50 euros avec le baby sitter alors la plupart des gens n’y vont pas pour se faire engueuler, et puis Cannes est dans deux mois alors on va en bouffer du tragique. Et comme disent les Anglais, “Bon appêtit”.

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