Accident de Soi Cheang : passe-moi le geek

Accident

Notre mère nous ayant annoncés à noël, à mon frère et moi, qu’elle avait découvert que j’étais un bobo et mon frère un geek (prononcez “guique” si vous ne voulez pas avoir l’air ridicule, le geek étant globalement un féru de nouvelles technologies et de jeux vidéos qui jure surtout par La guerre des étoiles, Le seigneur des anneaux et Avatar), rien de tel qu’un film hong-kongais pour clore cette année, assurer la paix des ménages et réconcilier les bobos et les geeks.

Le malicieux réalisateur producteur Johnnie To, spécialiste des scènes d’action superbement chorégraphiées (The mission, Election 1 et 2, L’exilé, etc.) produit un film qui lui ressemble, où le chef d’une bande qui déguise des assassinats en accidents, sombre dans la paranoïa après que leur dernière action se soit soldée par la mort de l’un d’entre eux.

Le chef de bande se sent d’autant plus isolé que l’un des survivants est en train de perdre la mémoire au fil des crises d’Alzheimer, sujet suffisamment rare au cinéma qu’il mérite d’être salué. Le héros s’isole et suit la trace du dernier commanditaire dont le comportement l’inquiète. La plongée dans la théorie du complot rappelle son illustrateur le plus fameux des années 90, la trilogie Jason Bourne (La mémoire dans la peau, La mort dans la peau, etc.) où Matt Damon affronte rien moins que tous les services secrets américains pour mettre à jour une vérité dérangeante pour l’Etat.

Soi Cheang est plus modeste, et son film pêche par une fin trop moralisatrice, mais les amoureux du cinéma hong-kongais seront heureux de retrouver les ingrédients habituels de cette cinématographie rigoureuse, chorégraphique et inventive, notamment lors des deux scènes de crime où le talent du cinéaste est manifeste.

Les Hong-Kongais et moi-même vous suggérons de choisir entre boire et conduire et vous souhaitons un bon réveillon. Je ne sais si je pourrai revenir des Pyrénées avec toutes ces pannes de train (sans parler des sabotages dus selon le dernier rapport des Renseignements Généraux à une tribu de Korrigans vivant sous terre, cette information étant toutefois à prendre avec prudence car elle n’a pas été confirmée par le Ministère de l’Intérieur), mais nous nous sommes tellement aimés, que nous nous retrouverons sans doute l’an prochain.

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