Les chats persans : l’énergie sociale de la musique pop

Les Chats persans

La musique pop vient du jazz Bebop joué par les Noirs américains pour lutter pacifiquement contre la ségrégation, avant de conquérir le coeur des blancs épris de leur danse qui faisait circuler ce que l’historien américain Anthony Macias appelle “l’énergie sociale”.

Les chats persans du cinéaste kurde iranien Bahman Ghobadi est une fiction aux allures de documentaire (et vice-versa) sur la musique pop à Téhéran, qui évite le piège du tourisme dans lequel tombait parfois Crossing the bridge de Fatih Akin sur Istanbul. La caméra suit un couple de la jeunesse dorée de Téhéran à la recherche de musiciens pour monter un groupe pop, et qui croisent les représentants des différents genres de cette musique : hard rock, blues, hip-hop, etc.

Seulement voilà, la musique pop est interdite en Iran, et l’aspect le plus intéressant du film est la manière dont le cinéaste filme la clandestinité, les couloirs, les tunnels et les caves à l’allure d’abris anti-missiles construits pendant la guerre contre l’Irak.

C’est bien le paradoxe de l’Iran de nous offrir deux films magnifiques cette année, A propos d’Elly et Les chats persans, dont les équipes vivent presque toutes en exil depuis les dernières élections et le durcissement du régime en place. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes de voir les jeunes Iraniens rêver de ressembler aux Américains, comme le reste du monde, quand bien même la politique récente des Etats-Unis a eu un effet dévastateur dans toute la région, en offrant une critique facile de la démocratie occidentale qui a paradoxalement renforcé la légitimité des régimes en place. Les Iraniens épris de liberté et moi-même vous souhaitons un joyeux noël musical.

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