Le père de mes enfants : le sens de la vie

Le Père de mes enfants
On ne dit pas assez aux jeunes gens qu’ils doivent se préserver et que le sacrifice de soi est rarement une solution. Le producteur Humbert Balsan s’est donné la mort en 2005, criblé de dettes et abattu par les échecs, après avoir soutenu de nombreux projets magnifiques, comme Y aura-t-il de la neige à noël ? ou le premier film lumineux de Mia Hansen-Love, Tout est pardonné, qui lui rend hommage dans Le père de mes enfants.
Le film confirme l’immense talent d’une cinéaste âgée de 28 ans, Mia Hansen-Love. Il faut entendre le titre de son dernier film au sens métaphorique d’une jeune cinéaste dont les films sont en quelque sorte les enfants, et au sens propre en raison du très beau regard de femme porté dans ce film sur un homme aimant ses enfants.
L’excellent Louis-do de Lencquesaing (photo) apporte son élégance à cette silhouette d’intellectuel de gauche triste qui ne peut pas s’empêcher de la ramener sur tout, la disparition des Templiers, les fresques de l’église de Ravenne et les compromis misérables qu’il faut accepter pour financer son film (comme changer dans un scénario la Corrèze par le Berri pour plaire au membre d’une commission).
Le producteur du film de Mia Hansen-Love a tragiquement donné à sa société de production (Moon Films) le nom du petit garçon d’une première union qu’il a été incapable d’aimer (Moune). A sa mort, sa fille découvre l’amour dans les bras du dernier jeune cinéaste découvert par son père, et la mère tente de sauver les derniers projets de son mari. Mia Hansen-Love dresse finalement le portrait magnifique d’un monde flamboyant et triste où l’on a la prétention de donner à ses échecs un goût d’éternité.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *