L’importance de Titanic avant Avatar

Il y a 12 ans, Titanic a rendu au cinéma son goût pour l’épopée et inventé les fins douces-amères, sur lesquelles se finissent tous les films américains contemporains, des méga-productions comme Batman le chevalier noir aux films indépendants comme Little Miss Sunshine.

Le circuit français des salles de cinéma végétait autour de 100 millions d’entrées par an depuis le début des années 1990, après avoir atteint 400 millions à la fin des années 40. La sortie de Titanic a porté ce nombre à 150 millions d’entrées en 1997 avant d’atteindre une moyenne de 180 millions de spectateurs depuis l’an 2000.

L’argument selon lequel le film risquait d’appauvrir le cinéma, en limitant les sorties aux grosses production, était débile car c’est précisément le succès de ces films qui finance une partie du cinéma de production française par le biais d’une taxe sur les entrées en salle et les ventes de dvd. Le cinéma sud-coréen, financé selon le même modèle, est l’un des plus novateurs du monde.

Dans la course à la concurrence avec les autres arts populaires que sont la musique et les jeux vidéos, James Cameron a donc emprunté la seule voie possible pour faire évoluer le cinéma, l’innovation technologique. Une telle ambition suppose de respecter quelques fondamentaux, comme une histoire d’amour impossible entre un gamin du Wisconsin aux cheveux gras qui dessine des prostituées parisiennes unijambistes et une rouquine de la gentry condamnée à un mariage avec un triste sire (Billy Zane, le comédien le moins convaincant du film car il ne faut jamais mépriser le méchant), des scènes d’action épiques et un goût pour le sacrifice. Les bouffeurs d’espoir ironisaient avant la sortie sur la proximité de destin entre l’histoire du bateau et celui qu’ils prévoyaient pour le film, qui est devenu, en monnaie courante, le plus grand succès de l’histoire du cinéma.

“Malheur aux peuples qui ont besoin de héros” disait Brecht, qui aurait mieux fait de balayer devant sa porte au début des années 30 en Allemagne. Oui aux héros qui grandissent et ouvrent de nouveaux horizons dans une terre qui sera bientôt trop étroite pour nous contenir tous. On a entendu ça et là que la bande-annonce d’Avatar n’était pas très affriolante, en oubliant qu’elle était aussi intéressante que de découvrir Star wars ou Titanic à la télévision, en perdant l’impression de toucher la galaxie ou le célèbre iceberg. Même si Avatar ne possède pas la même puissance mythologique que Titanic, prépare-toi à plonger dans un nouveau monde, pèlerin.

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