Un prophète : du bon usage d’une journée

 Tahar Rahim, Jacques Audiard dans Un prophète (Photo) Une fois passé l’hommage à la grande tradition du film de prison et de gangster (Le Trou, Oz, Le parrain, Scarface), Un prophète d’Audiard impressionne surtout par les trois permissions de sortir consenties au héros emprisonné, Malik El Djebena (Tahar Rahim) en vue de sa réinsertion.

Lors de ces trois sorties, notre héros a le temps, la première fois, d’échanger en région parisienne un Corse contre une rançon, puis de retrouver un sac de cannabis dissimulé dans une station service, la seconde fois, de prendre un avion pour Marseille, faire des affaires avec un caïd auquel il confesse ses crimes après avoir accompli la seule prophétie du film, avant de rentrer à Paris, puis la troisième fois de liquider un gang d’Italiens au cours d’une scène sanglante où il est prouvé que les vigiles font de bons matelas, d’emprisonner, libérer puis inciter un caïd corse à se venger, avant de tomber amoureux de la petite amie (Leïla Bekthi) de son meilleur copain, qui, pour ceux qui annoncent la suite du Prophète, deviendra la future fiancée du héros.

Ce bon usage d’une journée est bien entendu renforcé par la monotonie de la vie en prison. La vie à l’air libre est d’autant plus précieuse que le héros dispose d’un créneau limité, de 7 heures à 19 heures, pour préparer sa future sortie de prison. Ce faisant, Audiard ouvre un abîme sur l’immensité du monde et des opportunités que réserve une journée en termes de rencontres, de voyages et de constructions. Pour une espèrance de vie moyenne en France de 84,1 ans d’après l’INSEE, et malgré un avantage significatif pour les femmes, le système d’Audiard offre pour 30696,5 journées un programme aux possibilités vertigineuses.

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