Divorce à l’italienne, Les monstres : divins Italiens

 Marcello Mastroianni, Pietro Germi dans Divorce à l'Italienne (Photo)Alors que les frasques sexuels de Berlusconi sont étalées dans la presse européenne, l’été parisien nous offre quelques perles de la divine comédie italienne des années 60 qui dressa un portrait aussi cruel pour l’Italie et le mâle occidental que la série des OSS 117 pour la France, avec notamment la reprise de deux films de 1963, Les monstres de Dino Risi, avec Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi, et Divorce à l’italienne (photo) de Pietro Germi, avec Marcello Mastroianni.

Les monstres est un film à sketch, superbement mis en scène, qui filme la misère du mâle occidental enchaîné dans ses préjugés, son machisme, sa bêtise, sa vanité, etc. On y voit notamment Vittorio Gassman kidnapper une vieille dame avant de la jeter à toute force, avec un fauteuil roulant, dans une piscine. On comprend alors que la femme a été kidnappée pour les besoins d’un film dont le cinéaste ressemble étrangement à Fellini. On y aperçoit aussi Ugo Tognazzi collé devant sa télé pendant que sa femme (Michèle Mercier) le trompe dans la pièce d’à côté, demandant même, par malice, à son amant d’aller lui chercher un whisky dans le salon occupé par le cocu satisfait. Dans le dernier sketch, les deux comédiens livrent un grand numéro d’interprétation dans le rôle de deux minables du monde de la boxe qui montent un match truqué dont l’esthétique et le côté pathétique ont probablement inspiré le Scorsese de Raging Bull.

Divorce à l’italienne, un an avant Mariage à l’italienne de Vittorio de Sica, dans lequel un homme (Mastroianni) finissait par tomber amoureux d’une prostituée (Sophia Loren), filme le même italien viril et attachant dont Mastroianni était coutumier, un aristocrate déchu d’un petit village sicilien, échafaudant des plans extrêmement tortueux pour se débarrasser de sa femme afin d’épouser sa jeune cousine.

Ces deux célébrations anarchistes de la misère du machisme ne vaudraient évidemment rien sans la beauté et le talent des comédiennes qui tiennent nos affreux par le bout du nez (il faut bien lire le nez). La plus belle de toutes, avec Sophia Loren, faisant l’honneur du festival Paris Cinéma, Claudia Cardinale pourra être vue dans autant de chef-d’oeuvres que sont Le Guépard, Le Bel Antonio ou le magnifique La fille à la valise, où une jeune fille naïve du peuple n’avait avec les hommes, même celui qui semblait le meilleur, que des rapports d’argent.

Les monstres, Grand Action, 5 rue des écoles à Paris, 01 43 54 47 62, Divorce à l’italienne, Mk2 Beaubourg, 50 rue Rambuteau à Paris, 08 92 69 84 84, Cycle Claudia Cardinale à L’Arlequin, 76 rue de Rennes à Paris, 08 92 68 48 24.

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