Whatever works : comment on tombe amoureux

 Evan Rachel Wood, Larry David, Woody Allen dans Whatever Works (Photo)La principale leçon retenue par Woody Allen de son maître Ingmar Bergman est sans doute que l’on peut faire le film le plus triste du monde à partir du moment où le spectateur tombe amoureux de l’actrice, que ce soit Liv Ullman ou Bibbi Andersson chez le cinéaste suédois, Mia Farrow, Diane Keaton ou encore Evan Rachel Wood dans Whatever works, le dernier film du cinéaste new-yorkais.

Bien sûr, Woody Allen est plus à l’aise dans la comédie que le drame, et Whatever works utilise le ressort le plus éculé du genre, la rencontre de deux contraires, pour nous emmener dans son jardin secret. On y voit donc un double du cinéaste (Larry David), qui a failli avoir le Nobel comme d’autres la Palme d’or, s’enticher d’une gamine inculte (Eva Rachel Wood), fugueuse d’un foyer de chrétiens intégristes du Mississippi.

Le cinéma américain, qui n’en finit pas de creuser la question de la diversité, découvre depuis quelque temps ses anciens français, cajuns dans La brume électrique, descendants des colons ici. Car Whatever works est cadré jusqu’au bout des dialogues pour le public français : anti-républicain, anti-lobby des armes, pro “ménage à trois” (en français dans le texte). Mais à l’heure où les très conservateurs Time, Newsweek et The Economist vantent le modèle économique français (“How we became the United States of France”, “The only system standing is France, etc.”), cet éloge de la liberté sexuelle, du doute et du hasard rappelle que l’amour est toujours une recherche de l’altérité qui questionne, émeut (dans le sens de mouvoir), ou fait violence.

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