Fais de beaux rêves de Marco Bellocchio : jamais sans les mères

Fais de beaux rêves de Marco BellochioFais de beaux rêves dresse l’état avec l’ironie cruelle de Marco Bellocchio de la manière dont la société contemporaine est devenue dépendante des mères, en dressant le portrait d’un jeune Turinois errant à la recherche de celle disparue enfant, lui dit-on, de maladie.

Le parcours du jeune homme puis de l’adulte tourne sans cesse autour du fantôme de la Mamma, oubliée par la virilité et l’hystérie du jeune fan de foot, transformée en passion puis en métier. Le jeune journaliste obtient les confessions d’un richissime homme d’affaires, ému par sa condition d’orphelin, avant le suicide de ce dernier. Le scoop lui offre un poste de journaliste politique à la Stampa, puis il poursuit sa quête de femme idéale à Sarajevo où des Musulmans étaient assiégés et bombardés par des Chrétiens orthodoxes fanatiques du nettoyage ethnique.

Berenice Bejo impose une figure féminine suffisamment belle et intelligente pour prendre la place de la mère “à condition de s’en servir”, pour paraphraser Lacan au sujet du père. Le parcours du deuil, passant par l’admirable saut d’ange de la belle avant de lui offrir la contemplation de ses jolies fesses, compte moins que l’obsession de tous les personnages pour la figure maternelle, jusqu’au père du héros dont les “Forza” (en gros, “Allez”, “courage”) pour sortir l’enfant de sa léthargie portent à la fois le rêve misérable des années Berlusconi de revirilisation de l’occident au lieu d’accepter le partage du monde et des jouissances avec les femmes.

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