Looking for Eric : du plaisir de casser du mafieux dans les films de Ken Loach

 Eric Cantona, Steve Evets, Ken Loach dans Looking for Eric (Photo) Si, comme dit Ken Loach, le football est le seul endroit où l’on a le droit d’être nationaliste, le cinéma est aussi le seul endroit où l’on a le droit de prendre plaisir à voir quelqu’un souffrir, et ce plaisir décuple lorsqu’il concerne le mal incarné. En l’occurrence, le mal incarné dans Looking for Eric, c’est un horrible mafieux de Manchester qui terrorise le fils d’Eric (Steve Evets), petit postier cinquagénaire qui manque de se suicider le jour où il revoit sa femme qu’il a abandonnée il y a longtemps avec leur fille. Il se tourne alors une fois de plus vers celui celui qui lui offre parfois une stature de héros, Eric Cantona, et l’ange gardien répond.

Il est finalement meilleur entraîneur qu’acteur le Cantona, dieu du football en Angleterre, toujours incompris, mal aimé et finalement méconnu en France, entre la génération de Platini et Zidane, et pourtant si français avec son accent marseillais, ses paraboles pascalo-montaigniennes sur la vie (“la meilleure vengeance, c’est le pardon”) et l’alliance au doigt qui le lie à son épouse, la grande comédienne Rachida Brakni.

Il faudra essayer de comprendre comment Ken Loach réussit à mettre autant d’intensité dans la vengeance d’un prolétaire qui tuait accidentellement un mafieux dans Raining Stone, celle de Peter Mullan qui cognait des petites frappes à coups de battes de base-ball dans My name is Joe, ou ici les copains du petit postier, qui saccagent la maison et terrorisent une petite frappe qui ne l’a pas volée. Cinéma marxiste bien sûr, bons sentiments souvent, image un peu fade parfois, mais la colère, la colère et la joie.

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