PJ Harvey au Zénith de Paris : qui tirera les rênes du chariot de l’espoir ?

PJ Harvey Zenith de Paris 21 octobre

PJ Harvey a transformé un voyage avec le photographe Seamus Murphy dans des pays emblématiques des conflits actuels, le Kosovo et l’Afghanistan, et dans la capitale où se prennent les décisions les plus impactantes pour les conflits du monde, Washington, en un album rock, The Hope Six demolition project. La chanteuse britannique arrive sur scène pour le début de sa tournée avec ses neuf compères, de John Parish à la guitare à Mike Smith au saxophone pour cet album qui opère un retour aux sources du rock et du blues.

Chain of keys, The Ministry of Defence puis The Community of Hope apportent de mauvaises nouvelles du monde contemporain : village abandonné du Kosovo (“the circle is broken”), bâtiment délabré d’un ancien Ministère de la Défense où des enfants jouent avec des excréments, quartier de la drogue et de la mort de Washington D.C. transformé en quartier de “l’espoir” hors de prix pour les populations précédentes chassées vers les quartiers pauvres et les soupes populaires, Communauté de l’espoir finalement transformée en centre commercial. La puissance des cuivres, des percussions de Jean-Marc Butty et Mick Harvey, des guitares et des claviers, de la voix de la chanteuse qui passe de l’aigu au grave, lance une conjuration qui transforme la honte en incandescence.

La chanteuse offre quelques-unes de ses anciennes chansons au public parisien qui a passé le temps avec elle, de Down by the water à To bring you my love, mais elle tient bien à questionner la vacuité du désir de l’Occident jusqu’au rappel qui se clôt sur Is this desire ? Entretemps, Written in the forehead de Let England Shake (“Let it burn”) et la chanson Dollar, Dollar, du dernier album, dans laquelle les visages d’enfants (afghans ?) réclamant un billet se collent aux vitres des visiteurs occidentaux, entretiennent la colère.

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