Le Fils de Jean de Philippe Lioret : l’art de père

Le fils de Jean de Philippe Lioret : Gabriel Arcand et Pierre DeladonchampsLe fils de Jean, mal servi par une bande-annonce qui de fausses pistes en réalisme psychologique désoriente le spectateur pressé, est l’un des films les plus émouvants du cinéma français contemporains, un film de chialeur bien plus profond que les kilomètres de films-dissertations conçus autour d’une note d’intention bien troussée. Mathieu (quel prénom audacieux, signifiant “donné” en hébreu !) est contacté par un Québécois (quel accent charmant !) désireux de lui envoyer un paquet au nom de son père récemment décédé, qu’il n’a pas connu.

Philippe Lioret scrute le chemin de père à fils sur le visage de Pierre Deladonchamps. Catherine de Léan et Gabriel Arcand accompagnent leur invité vers une vérité douloureuse et magnifique dévoilée en une remarque banale suffisante pour justifier le voyage.

Variation sur l’art de père emballé par les valses de Chopin, Le fils de Jean chemine du désir d’enfant à la réalité de l’enfant conçu en traversant tous les possibles de la vie contemporaine (le couple, la mère célibataire, la honte du père incapable d’élever son enfant…) en évitant tout moralisme pour mettre les hommes face à leur chance de devenir pères.

 

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