Soeur sourire : l’importance d’une ritournelle

Soeur Sourire - Cécile de France

Bien sûr, c’est du cinéma de papa et le biopic est un genre anti-cinématographique (Soeur sourire n’échappe pas au triptyque convenu misère/succès/rédemption), mais il y a cette ritournelle chantée par une nonne, vendue à 3 millions d’exemplaires en son temps, au sous-texte hallucinant (“Dominique nique, nique…”), et l’une des plus grandes interprètes francophones, Mademoiselle Cécile de France.

Soit l’histoire de cette Jeaninne Deckers, fille de boulangers belges qui entre aux couvents après une période de doute existentiel. Le passage chez les bonnes soeurs nous rappelle que l’occident chrétien, toujours prêt à donner des leçons au monde entier, est sorti du Moyen-âge il y a à peine cinquante ans.

Mais la Jeanine s’ennuie autant qu’un moine dans une célèbre bande-dessinée de Reiser et se met à la chanson. La télévision catholique passe par là, la chanson devient un tube, la nonne sort du couvent, assume son corps et son amour des femmes, jusqu’à sa tragique fin.

Tout cela serait bien triste et sage au regard des critères de 2009 s’il n’y avait cette gaillarde Cécile de France qui donne une nouvelle leçon d’éclat (Ah, la Belgique !), qu’elle chante Be Bop a Lula, qu’elle s’entraîne à sourire ou qu’elle remercie Dieu pour l’invention de la pilule. On sait l’importance émotionnelle que chacun attache à une ritournelle, et Dominique accompagne le souvenir de mes nuits lyonnaises dans un bar de la presqu’île, qui fait partie des quelques lieux où j’ai eu l’impression, comme pendant un tournage, de vivre dans une société sans classes sociales. Alors merci ma Soeur, gardez la pêche et à bientôt.

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